Pour Michel ONFRAY, BHL lui rappelle la phrase de Michel Audiard sur les cons qui ose tout

La « guéguerre des philosophes » telle est la présentation de la dernière polémique opposant Michel Onfray à BHL. Cette polémique est née d’une intervention de Michel Onfray sur BFM TV. La vidéo de cette prise de parole d’Onfray est des plus intéressantes. Explication en quatre actes :

Acte 1 : Tout commence par une déclaration de BHL, lequel n’est pas sur le plateau de la chaîne mais sa photo remplit l’écran. En gros, BHL nous dit, avec presque des trémolos dans la voix, que la terrible photo de l’enfant mort sur une plage, est « l’une de ces images qui éveillent les consciences et cassent la mécanique froide des chiffres ». Pour BHL, il faut faire quelque chose et ce enfantsquelque chose est d’accueillir toutes les personnes qui tentent de rejoindre l’Europe. C’est presque touchant cette émotion palpable de BHL. Heureusement, celles et ceux qui n’ont pas la mémoire courte et celles et ceux qui regardent le monde les yeux ouverts, tempèrent vite cette émotion « submergeante » de BHL en se souvenant que ce dernier n’a manifesté aucune émotion devant les photos des enfants morts de Gaza. On se dit donc qu’il y a quand même quelque chose d’artificiel dans les trémolos de BHL, son empathie souffre parfois de panne sèche.

Acte 2 : Une fois l’émotion et les conseils de BHL délivrés, nous assistons à un grand moment de « journalisme de speakerine » (j’entend par la un journaliste qui est en fait un annonceur, qui prononce des mots sans se poser la question du sens, bref il n’est pas la pour faire penser) : la « journaliste » demande à Michel Onfray ou plutôt parle pour Onfray en disant « la vous êtes d’accord avec BHL… » Ben oui, comment être en désaccord face à l’émotion (certes à géométrie variable) d’un homme devant l’image d’un enfant mort ?

Acte 3 : Michel Onfray, qui est encore l’un de ceux qui utilise son cerveau pour analyser les faits et en tirer des conclusions, s’insurge du toupet de BHL et déclare : « Il n’a pas honte, lui, franchement. Il ferait mieux de rester caché. Je vais citer Audiard : « Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît. ». Michel Onfray explique sa position : BHL est l’un de ceux qui a milité pour que la Libye soit bombardée et que des libyens soient tués. Le chaos actuel est le résultat d’une intervention irraisonnée de la France et des occidentaux. Ceux qui aujourd’hui pleurent devant le désastre des grands brûlés sont les pyromanes qui mirent le feu. L’analyse est juste et force est de constater que BHL est l’un de ceux qui ont milité pour les bombardements de la Libye avec à la clef la désespérance et le malheur de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Acte 4 : La journaliste ne propose aucune analyse critique des propos tenus, ne fait aucun commentaire susceptible d’éclairer le téléspectateur, elle renchérit simplement en disant « il n’y a rien qui puisse vous mettre d’accord ? » comme si Michel Onfray venait de badiner sur la dernière coiffure d’une actrice à la mode. Enfin si, pour la presse tout ce débat, c’est une querelle de philosophes… Querelle de philosophe que de mettre des individus en face de leurs responsabilités et des conséquences de leurs choix et actions ? Querelle de philosophes que de simplement faire ressortir la vérité de la glue du conformisme, de l’aveuglement et du consensus ? Querelle de philosophes que de désigner les responsables de tous ces morts ?

Michel Onfray a le courage de dire la vérité et de mettre face à leur irresponsabilité des individus dont il serait grand temps de cesser de les considérer comme des icônes ou des sortes de grands manitous intouchables, incritiquables. La dictature commence le jour où des individus ne peuvent plus être critiqués et imposent aux autres leur pensée, leur vision du monde. Redevenons une démocratie et soumettons à la critique n’importe lequel d’entre nous. BHL n’est pas le dieu tutélaire de la France qui dicte les pensées et guide les actions, BHL est un citoyen comme un autre avec ses fulgurances et ses failles. Dans le dossier libyen et syrien, BHL est complice par ses paroles et ses actes de l’une des plus grandes tragédies de l’histoire de l’humanité.

Merci à Michel Onfray de nous donner le sentiment d’être de nouveau dans unetete m démocratie où le débat existe et où la présentation des faits conduit à des conclusions débarrassées de tout dogmatisme. La vérité est parfois cruelle. Concernant la drame libyen, la vérité est une cicatrice qui balafre le CV de BHL, cicatrice de laquelle s’écoule perpétuellement le sang des libyens massacrés. La chemise blanche est maculée de rouge.

Régis DESMARAIS

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