Etre bien informé : ça se mérite !

Les couvertures médiatiques  du BREXIT, de l’élection présidentielle US, des crises syrienne et ukrainienne, de la primaire française de la droite et du centre, de la primaire de gauche, ont montré, de manière éclatante, à quel point nos médias pouvaient se tromper et nous tromper en se fondant sur des dépêches, des analyses, des sondages, des reportages effectués par des «experts autoproclamés», des agences de presse, des instituts de sondage et des sources dont l’impartialité et l’éthique ne sont pas toujours, hélas, au-dessus de tout soupçon, et dont la compétence est parfois douteuse.

Le citoyen peut aujourd’hui se demander s’il n’est pas l’objet de manipulation par des médias «militants»gd14 dont la quasi totalité ne peut survivre qu’en étant «sponsorisée» par la publicité, et assez largement subventionnée par le gouvernement. (Voir sur ce point le site du ministère de la culture et de la communication).

La question qui se pose est donc de savoir comment s’informer correctement et ne pas prendre pour argent comptant tout ce que nous racontent nos bons (?) médias nationaux et, plus largement, occidentaux.

Pour bien s’informer, il faut le vouloir, disposer de temps et surtout  ne pas accorder pleinement sa confiance aux médias «mainstream» qui font l’opinion, ni à tout ce que l’on peut trouver sur internet : les Hoax (canulars, fausses rumeurs, mensonges) sont très fréquemment diffusés sur la toile.

Toute information, y compris et peut être surtout celle des médias nationaux que l’on a trop tendance à croire sans réserve, doit être passée aux filtres de la réflexion et de l’esprit critique.

Pour mesurer la fiabilité et la pertinence d’une information importante, il est toujours nécessaire de se poser quelques questions :

1 – L’information est-elle vraiment crédible (vérité probable, propagande ou mensonge possible ?). L’expérience fait évidemment gagner du temps pour répondre à cette question.

2 – Quelle agence de presse ou institut de sondage ou source est à l’origine de cette information (Reuter, AFP,gd9 agence Chinoise, Russe, syrienne, iranienne, israélienne ? IPSOS, SOFFRES, Yougov, Elabe, médiamétrie …….etc) ? Exemple concret: l’OSDH (Observatoire Syrien des droits de l’homme), souvent cité par nos médias,  a une crédibilité extrêmement limitée dès lors qu’il est hébergé à Londres et subventionné par des occidentaux qui sont eux mêmes impliqués dans la crise syrienne aux côtés des rebelles….. 

3– Qui a choisi de nous présenter cette information, à ce moment précis, plutôt qu’une autre (ou pour en occulter une autre, peut être plus importante.…) ?

4– Le correspondant local de l’agence de presse peut-il se tromper, mentir, occulter des faits, minimiser ou amplifier certains aspects, le tout pour servir les intérêts de son pays d’origine,  des grands patrons de l’agence qui l’emploie et/ou pour conserver son poste, poursuivre sa carrière, garder son accréditation, ne pas se faire expulser du pays dans lequel il travaille, …..etc ? J’ai pu moi-même constater, assez souvent, des comportements fort peu déontologiques de la part de certains correspondants occidentaux de l’AFP et de REUTER, sur le terrain, dans des zones de crise: au Proche Orient notamment  ……

gd65 – Quelles sont les identités et les CV du propriétaire du média, du directeur de l’information, du présentateur, mais surtout des «experts» qui interviennent pour expliquer et interpréter les faits à notre place ou qui participent aux débats pour nous dire ce qu’il faut penser ?

Ont-ils ou peuvent-ils avoir des affinités particulières (politique: droite ou gauche), (pro-russe ou pro-occidental) (pro-palestiniens ou pro-sionistes) (pro-Trump ou pro-Hillary)…… Sont-ils susceptibles d’être inféodés à un lobby ? Lequel ?………

Ce point me paraît capital. Il est souvent à l’origine des manipulations, grandes ou petites, dont nous sommes quotidiennement l’objet. Une bonne connaissance des milieux médiatiques  permet, là encore, de gagner du temps.

6 – On peut parfois se poser la question : A qui profite le crime?

Exemples :

– Armes de destruction massive de Saddam Hussein ? «Vérité» d’un pays (non menacé) qui chercherait à se défendre ou «mensonge et faux prétexte» pour justifier, devant l’opinion, le déclenchement d’ une guerre ? Nous savons tous aujourd’hui que c’était un mensonge.

Utilisation des gaz par Bachar El Assad en 2013? «Vérité» d’un chef d’état cherchant à se débarrasser d’une poignée d’opposants, dans  la capitale du pays, sous les yeux des observateurs de l’ONU, prenant le risque de finir comme Khadafi ? Ou mensonge et faux prétexte tentant de justifier une intervention armée occidentale? Nous savons aujourd’hui que c’était un mensonge (gaz utilisé par les rebelles).

– Meurtre de Nemtsov ? Crime voulu par Poutine pour éliminer un opposant qui fait 1% aux élections ou meurtre commandité par quelqu’un dont l’intérêt est de salir et de déstabiliser Poutine pour le mettre en difficulté ? Sans être un grand spécialiste du renseignement, on peut présumer que la seconde option est la plus plausible …….

Lorsqu’une information et/ou un sujet sont martelés en boucle, jour après jour,  avec une insistance qui confine au bourrage de crâne, cela signifie souvent qu’on est entré dans le domaine de «la guerre de l’information». Il faut alors se poser de nouvelles questions :

1 – Quel pourrait être l’objectif  de ce bourrage de crâne ?

2 – Cherche-t-on à façonner l’opinion ? A salir un homme, un pays, une communauté, une religion? Dans quel but ultime ? Justifier une politique, voire une intervention armée à venir ? Déstabiliser un chef d’état dont l’action dérange ? Favoriser l’élection d’un président des États-Unis ? Influencer le vote des citoyens lors d’une élection française ?

3 – Cherche-t-on à faire passer un mensonge pour une vérité? Un mensonge scandé jour après jour dans les grands médias devient vérité dans l’esprit des gens.

gd2Il suffit pour salir ou discréditer un homme de répéter, sans relâche, que c’est un «grand méchant». Le bon peuple finit par le croire (Les cas Poutine, Trump, Bachar El Assad, Saddam Hussein, Khadafi, Le Pen sont tout à fait représentatifs de cette «marteau-thérapie»)..… Celà relève des dix principes élémentaires de la propagande de guerre  très bien décrits par Anne Morelli. (« Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage »).

Lorsqu’un scoop transmis par internet parait vraisemblable,  et s’il n’est pas repris par au moins un grand média «officiel» français ou étranger, il  est utile de le passer au filtre de Hoaxbuster en tapant le titre (ou sujet) de l’info et le mot Hoaxbuster sur Google. On a souvent des surprises. Le Hoax (fausse rumeur) vise souvent l’émotionnel. Il est à noter, toutefois, que même les sites de type Hoaxbuster ne peuvent être qualifiés de neutres, lorsqu’on connaît les identités et les opinions de ceux qui les font fonctionner. Ils peuvent classer en Hoax une information globalement juste, mais qui déplaît, en s’appuyant sur une inexactitude insignifiante….

L’information, pour être crédible, doit être recoupée par des sources notoirement indépendantes les unes des autres. La qualité et la réputation des sources donnent à l’information son degré de fiabilité. Une information reprise par des médias de camps opposés (USA et Russie par exemple) est très probablement juste.

Si les faits sont les faits, la manière de les présenter, de les amplifier ou de les minimiser, de les déformer, de les interpréter, d’en tirer des conclusions, d’omettre des détails et parfois même de les occulter peut relever de la tromperie la plus éhontée. C’est très souvent le cas sur les médias nationaux (presse écrite ou TV) dans tous les pays du monde, y compris le nôtre. N’ayez aucune illusion, les « experts autoproclamés » en charge de décortiquer et d’interpréter pour nous l’information à la télévision sont soigneusement choisis pour tirer les conclusions qu’ «on» souhaite leur voir tirer. Les reportages TV destinés à nous émouvoir sont souvent réalisés à partir d’images d’archives qui n’ont strictement rien à voir avec les réalités du terrain.

S’agissant des micro-trottoirs, les télévisions ne présentent très probablement que les réponses allant dans legd7 sens voulu par l’auteur du reportage et par ses chefs.

La plus grosse erreur à commettre, est de croire que seuls les médias de son pays ou de son camp (occidental pour nous) sont honnêtes et disent la vérité et que les autres manipulent les opinions …

Il faut être convaincu qu’il n’existe pas de diffusion d’information qui ne soit pas partisane. Nous perdons nous mêmes notre objectivité dès lors que nous choisissons de croire à ceci plutôt qu’à cela.

S’il existe une charte de déontologie du journalisme, signée en Novembre 1971 à Munich, j’ai personnellement constaté qu’aucune agence de presse et aucun média au monde ne la respecte vraiment, surtout lorsque «la guerre de l’information» est en cours.

Il faut donc cesser de «bla-blater» sur des sujets que l’on n’a pas vraiment étudiés ailleurs que sur les médias engagés d’un seul coté, le notre. Il faut absolument aller voir ailleurs et étudier les points de vue des camps qui s’opposent.

gd10Enfin, lorsqu’on veut vérifier des informations  en utilisant Wikipédia, Google, Facebook, YouTube, Médiapart, il faut savoir que ces sites ou outils de recherche ont été créés,  appartiennent et sont «contrôlés» par des gens qui ne sont pas tout à fait neutres. Il ne faut pas gratter longtemps pour savoir pour qui ils travaillent lorsqu’on aborde certains sujets sensibles….. Dès lors, leur production  peut être parfois très orientée (exemple flagrant des biographies dérangeantes sur Wikipédia.)

En conclusion, il me paraît utile de varier les sources d’information, de sortir d’une vision exclusivement nationale, de faire preuve d’esprit critique, de ne jamais totalement accorder sa confiance à telle ou telle source, de se méfier des «experts autoproclamés» et des «sources autorisées» exerçant dans nos grands médias  …… Ceux ci se mettent généralement dans le sens du «vent dominant» pour ne pas déplaire et pouvoir être réinvités. Ils participent à la désinformation d’autant plus efficacement qu’ils sont présentés comme «experts» et «neutres», alors qu’ils ne sont souvent ni l’un, ni l’autre.

Il faut se forger soi-même ses propres convictions en rassemblant les faits, tous les faits, en étudiant toute la gamme des interprétations possibles et des opinions, pour se faire sa propre idée de la vérité la plus probable.

Je tiens, à la disposition de ceux qui le souhaitent, une liste de 25 sites et/ou d’agences de presse officielles étrangères diffusant en français une information alternative  et/ou complémentaire à celle de nos médias. On y trouve des éclairages parfois fort différents et tout à fait crédibles.

Général Dominique DELAWARDE (Ancien chef du bureau SituationRenseignementGuerre Électronique» de l’État major Interarmées de Planification Opérationnelle).

Compléments :

Voici 3 sites extraits de la liste de ces 25 sites à consulter pour diversifier ses sources d’ information :

Site 1 : Site de l’Ecole de Guerre économique

Ce site présente des études fouillées sur un spectre très large de sujets. Elles  permettent de mieux comprendre certains aspects de la géopolitique mondiale.  C’est un site sérieux et fiable, plus objectif que beaucoup d’autres..…

Site 2 : Site du Centre Français de Recherche sur le Renseignement 

Fondé en 2000, ce site est spécialisé sur l’étude du renseignement et de la sécurité internationale. Il a pourgd11 objectifs:

le développement de la recherche académique et des publications consacrées au renseignement et à la sécurité internationale,

l’apport d’expertise au profit des parties prenantes aux politiques publiques (décideurs, administration, parlementaires, médias, etc.),

la démystification du renseignement et l’explication de son rôle auprès du grand public. Depuis sa création, le CF2R a réalisé un travail considérable pour une meilleure connaissance du renseignement en France et dans le monde francophone. Il a publié plus de 70 livres, 60 rapports de recherche, 300 articles, 350 notes d’analyse et 700 bulletins d’écoute radio. Il a créé quatre revues ou lettres électroniques et a organisé 40 dîners-débats et une dizaine de colloques. Ses chercheurs ont donné plus de 150 conférences, animé de nombreux séminaires et ont accordé plus de 2 000 interviews dans les médias (TV, radio, presse écrite).

Ce site présente des études fouillées sur un spectre très large de sujets, notamment :

Le Terrorisme, les conflits en cours ou en devenir, l’espionnage économique, la criminalité internationale, les cyber menaces, l’extrémisme politique et religieux, les subversions violentes. Elles  permettent de mieux comprendre certains aspects de la géopolitique mondiale.  C’est un site très sérieux et fiable.

Site 3 : Site «Centre de recherche sur la mondialisation » :

Ce site a 15 ans d’existence et présente des articles bien documentés et bien rédigés. C’est un site d’opinions. Les thèses présentées sont souvent intéressantes et les conclusions sont différentes de celles dont nous gavent les grands médias nationaux. Site assez fiable et sérieux dans l’ensemble.

Sur l’auteur de cette contribution :

Qui est le Général Dominique DELAWARDE ?

Officier de l’Armée de Terre et ancien Saint Cyrien, le général DELAWARDE a porté l’uniforme de Septembre 1959 à Mars 2005. Breveté de l’École Supérieure de Guerre et du Cours Supérieur Interarmées, son parcours militaire est une succession de période d’encadrement d’unités militaires puis de périodes d’encadrement d’élèves officiers et d’officiers élèves en écoles de formation et enfin de séjours en état major de niveau national dans des affectations notamment liées au renseignement.

Il a servi plus de 8 ans hors de l’hexagone (États Unis, Amérique du Sud, Proche Orient etc..).

Il a été notamment l’un des commandants de bataillon puis le chef du renseignement de la Force des Nations Unies au Liban, commandant du 7ème Bataillon de Chasseurs Alpins puis du 5ème Régiment d’Infanterie de Montagne de l’ONU à Sarajevo, lors de la guerre de Bosnie, Officier de liaison auprès de l’enseignement militaire supérieur américain aux USA, et Chef du bureau «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’état major Interarmées de Planification Opérationnelle, le plus haut état major de planification de niveau national impliquant l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air, la Marine et la Gendarmerie Nationale.

Il a terminé sa carrière en qualité de Chef d’état major du Commandement des 24 écoles de formation de l’Armée de Terre (CoFAT). Il est Officier de la Légion d’Honneur, Commandeur de l’Ordre National du Mérite, et décoré de la Meritorious Service Medal américaine.

«Extraits du CV communiqué par l’auteur de l’article»

 

 

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7 réflexions au sujet de « Etre bien informé : ça se mérite ! »

  1. Bonjour
    Je suis également intéressé par cette liste de 25 sites, convaincu moi-même depuis longtemps de ce que vous expliquez si précisément, en particulier vis-à-vis de l’AFP…
    Merci

    J'aime

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