Trois candidats au coude à coude au premier tour de l’élection

Le dernier sondage connu de l’Institut FILTERIS, concernant l’élection présidentielle française, a été publié le 7 mars 2017. Cet institut, contrairement aux autres professionnels, avait prévu la victoire de Donald Trump et celle de François Fillon à la primaire. De fait, les chiffres publiés par FILTERIS sont à étudier avec attention.

Les résultats du 7 mars 2017, associés aux prévisions précédentes, permettent de constater, d’une part, un décrochage du couple Mélenchon/Hamon, et d’autre part, un rapprochement du trio Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron.

Schéma 1 : chute du couple Mélenchon/Hamon et coude à coude du trio Le Pen/Macron/Fillon

Il semble que l’incapacité de la gauche à se rassembler se traduise par une plongée de ces deux plus importants représentants dans cette élection. Si Benoit Hamon, après un creux de la vague, avait bien remonté en termes d’intentions de vote, cette remontée s’est faite en parallèle d’une décroissance de M. Mélenchon. Désormais, les deux candidats amorcent ensemble une descente dans les sondages. On peut faire le pari de la continuité de cette descente dans les intentions de vote à la suite des ralliements incessants des ténors du parti socialiste en faveur de M. Macron.

Concernant le trio de tête, le schéma 1 montre que Mme Le Pen, après une constante montée dans les intentions de vote, subit une décroissance de ces intentions. Pour autant cette décroissance a fait place à une légère remontée le 7 mars dernier.

On observe une nette remontée de M. Macron début mars. Sans doute un effet des ralliements hétéroclites en faveur du candidat du « renouveau » dont la présidence parait de plus en plus une vaste entreprise de recyclage des naufragés du hollandisme.

Le fait remarquable est la très nette remontée de M. Fillon depuis début mars. Incontestablement les électeurs semblent se démarquer du matraquage médiatique de l’affaire et manifestent un réel intérêt pour la candidature de M. Fillon.

Le schéma 1 nous montre aussi que les intentions de vote en faveur des petits candidats diminuent de façon importante. Incontestablement, le premier tour va se jouer entre Mme Le Pen, M. Fillon et M. Macron.

Les chiffres publiés par FILTERIS nous révèlent que depuis le 8 février 2017, et nonobstant l’affaire Fillon, le candidat de la droite est systématiquement devant M. Macron en termes d’intentions de vote. Certes, depuis le 8 février, M. Macron se rapproche de plus en plus de M. Fillon mais ce dernier progresse lui aussi de sorte à toujours avoir une courte, très courte, avance sur M. Macron.

M. Fillon toujours devant M. Macron depuis le 8 février 2017 :

Mme Le Pen a pris l’avantage sur M. Fillon vers la fin février. On voit à quel point l’affaire a aussi bénéficié au Front National. Toutefois, si Mme Le Pen a bénéficié d’une certaine avance sur ses deux plus sérieux concurrents, depuis le 3 mars 2017 elle est en recul tandis que les scores de M. Macron et de M. Fillon ne cessent de progresser avec un avantage à M.Fillon.

Mme Le Pen rattrapée par M. Macron et M. Fillon :

On mesure à quel point, la campagne de dénigrement de M. Fillon est nécessaire pour faciliter l’émergence d’un duo Le Pen/Macron dans les intentions de vote. Les tentatives d’élimination de M. Fillon dans la course présidentielle (une réelle tentative « d’assassinat politique » que les faux pudiques n’assumant pas leurs actes refusent de qualifier ainsi)  n’ont pas permis de laisser la place nette à ce duo.

Aujourd’hui, Mme Le Pen, M. Fillon et M. Macron sont presque à égalité en terme d’intentions de vote. Les trois candidats recueillent ainsi respectivement 22,63%, 22,33% et 22,25% de ces intentions.

A ce jour, on peut donc constater deux choses :

1°) M. Fillon dispose d’un socle de votants stable et durable. En effet, quelle que soit l’intensité des attaques subies par le candidat de la droite, il conserve plus de 20% des intentions de vote.

2°) M. Macron ne récolte pas vraiment les bénéfices attendus du ralliement de M. Bayrou car il ne parvient pas à distancer François Fillon. Dans les prochaines semaines, le candidat Macron devrait participer aux débats organisés entre les candidats à l’élection. A cette occasion, ses prestations seront capitales pour sa survie au 1er tour de l’élection. Si M. Macron est, comme je le suppose à force de le lire et de l’entendre, un candidat sans réelle profondeur, alors la chute dans les intentions de vote sera inéluctable dans les prochaines semaines.

Enfin, et j’invite les lecteurs à se replonger dans mon article « Le vote Emmanuel Macron, un suicide français annoncé » pour bien comprendre qu’avec seulement 22,25% des intentions de vote, et sans parti politique le soutenant pour assurer les conditions politiques de la gouvernance de son quinquennat,  on ne voit pas comment M. Macron va pouvoir emporter la majorité des 577 circonscriptions  électorales et obtenir une majorité au sein de l’Assemblée nationale. C’est tout le défi de M. Macron : convaincre les électeurs qu’il va pouvoir réformer la France en l’absence d’une vraie majorité au Parlement et faute de relais sur le terrain.

De fait, François Fillon, qui n’a pas sombré dans les intentions de vote contrairement à ce que prédisent certains instituts de sondage, reste une alternative crédible au risque présenté par Mme Le Pen. Reste à M. Fillon de convaincre les français de la pertinence de son programme et de son projet pour la France de demain. Car M. Fillon, à la différence de M. Macron, a derrière lui un parti qui désormais le soutien sans hésitation. Ce parti est un outil essentiel pour lui assurer une majorité au Parlement et garantir une gouvernance réelle pendant le quinquennat et donc, la mise en œuvre des réformes.

Incontestablement les candidats favoris au premier tour de l’élection présidentielle ont l’obligation morale et politique de dire aux Français ce qu’ils veulent faire pour eux dans les domaines économiques, sociaux, culturels, de politique étrangère, de modernisation de nos institutions et de gouvernance du pays. Cette obligation morale et politique est aussi une obligation professionnelle pour les médias. Ces derniers ont un rôle primordial pour amener les candidats à s’expliquer sur leur projet, les objectifs fixés et les modalités envisagées pour les atteindre. Il est donc désolant de voir de nouvelles tentatives de la presse pour réactiver l’affaire Fillon au lieu d’un investissement dans l’étude des programmes des candidats.

Régis DESMARAIS

Chiffres utilisés pour cette analyse :

Attention : Pour le sondage du 17 janvier 2017, le score de 16,15% était celui du candidat Valls. Pour des raisons de commodité, il a été repris sous le nom de Hamon. On voit que la candidature de Hamon à la place de celle de Valls a provoqué, dans un premier temps, une chute des intentions de vote en faveur du candidat socialiste.

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3 réflexions au sujet de « Trois candidats au coude à coude au premier tour de l’élection »

  1. Fillon … »un parti qui le soutient sans hésitation »!! Qui vivra verra.
    Ce que je crains c est qu effectivement les écarts étant minimes,il ne soit obliger d’ abandonner des pans importants de son projet pour plaire au centre « mou »(pleonasme) et dans le meme temps constater la fuite d electeurs »radicalisés » comme dirait AJ vers MLP.
    Il a la possibilité historique de se débarrasser de ses vrais faux amis (UDI)qui de surcroit ont deja racketté des places eligibles aux legislatives en trop grand nombre et qui une fois élus se comportent souvent comme des adversaires ideologiques..

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  2. Juste une remarque : Filteris n’effectue pas des sondages, mais des analyse dites « Big Data », c’est à dire reposant sur des algorithmes de recherche de corrélations dans un nombre très élevé de données. En l’occurrence, comme le dit leur site « Filteris a développé une expertise dans l’analyse du buzz généré sur le Web et les médias sociaux, à l’égard de candidats, dans des contextes électoraux. La méthodologie développée par Filteris a en effet permis de constater une importante corrélation entre la visibilité d’un parti et/ou d’un candidat sur le Web et son résultat lors d’un scrutin. » Son créateur, Jérôme Coutard, précise d’ailleurs « Le sondage pose un regard sur le passé. Le Big Data le tourne vers l’avenir.. « 

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