L’affaire FILLON en 10 questions… plus une.

Pascal Brière, lecteur du Blog, nous propose d’aborder l’affaire Fillon en 10 questions  plus une ou plutôt 10 domaines (plus un) d’interrogation. Il est toujours sain de s’interroger sur ce que l’on voit et entend pour en comprendre le sens, la portée et les ressorts cachés. A chacun d’apporter les réponses à ces nombreuses questions même si parfois certaines questions semblent répondre à d’autres interrogations. L’intérêt de ce questionnement est de conduire le citoyen à réfléchir, une fois le recul pris avec l’hystérie médiatique, sur ce que les médias nous donnent à voir et surtout sur ce qu’ils ne nous donnent pas à voir.

Bonne lecture et bon questionnement !

Régis Desmarais.

 

Comment le dossier de l’affaire est-il arrivé au Canard Enchaîné ? Qui le lui a transmis ? Pourquoi ?

Pourquoi l’affaire sort-elle deux mois avant les élections, et au moment  même où François Fillon vient d’être choisi très largement comme le candidat de la Droite et du Centre, alors qu’elle remonte à plusieurs années et que les salaires de son épouse et de ses enfants étaient déclarés et connus de l’administration fiscale depuis 2013 ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas il y a 3 ans, 4 ans ? Pourquoi pas avant les Primaires ? Pourquoi aucun journaliste ne s’est-il posé cette question et n’a-t-il lancé aucune investigation pour comprendre cela ?

Pourquoi les informations du dossier ont-elles été distillées méthodiquement l’une après l’autre, notamment dans le Canard Enchaîné ? Les informations étaient toutes connues de ses journalistes dès le début ? Pourquoi ne pas avoir tout lâché en même temps ? Y aurait-il un lien avec le fait que cela a permis à ce dernier de multiplier les tirages à 800.000 exemplaires ? Ou bien serait-ce pour délibérément entretenir continuellement le malaise dans le milieu politique de droite et mieux discréditer son candidat, en dépit de la présomption d’innocence, en semant le doute dans tous les esprits ?

Pourquoi n’est-il jamais rappelé dans les médias que les faits incriminés relèvent de pratiques  parfaitement autorisées par la Loi, y compris les montants versés, qui ramenés en net et à la durée n’ont rien de déraisonnable, même si tout le monde tombe d’accord sur le fait que ces pratiques doivent assurément être changées, l’opinion publique ne les acceptant plus aujourd’hui ? Qu’ils remontent à plusieurs années ? Que François Fillon a cessé d’employer son épouse en 2013, quand 20% des élus de tous bords continuent de le faire encore aujourd’hui sans que cela émeuve grand monde ? Que l’aspect fictif des emplois cités n’est pas à ce jour démontré, sinon le Parquet National Financier (PNF) aurait eu matière à citer directement ce dernier devant un tribunal correctionnel ? Que les sommes en question sont allouées au député, qui en dispose à sa guise, en vertu de la séparation des pouvoirs (c’est comme ça, qu’on le veuille ou non…) et que, s’il avait voulu s’enrichir, François Fillon aurait eu plus intérêt à ne pas rémunérer sa femme et payer des charges, et conserver ces sommes… ? Que le doute sur l’aspect moral de l’emploi de proches comme assistants parlementaire est certes  compréhensible, mais qu’il consiste à juger avec les yeux d’aujourd’hui, une pratique acceptée encore il y a très peu de temps ? Qu’il est toujours délicat de juger avec les critères d’aujourd’hui des actions d’hier ? Exemple : l’icône actuelle de la gauche laïque Jules Ferry disait en 1885 : « Les races supérieures ont un droit sur les races inférieures« … Dur à accepter aujourd’hui ! De même, la bien-pensance actuelle voudrait nous obliger à nous flageller aujourd’hui en raison de choix politique du XIXème siècle concernant la colonisation (oui, nous pensons bien à la même personne…), colonisation voulue d’ailleurs par des gouvernements de gauche, alors qu’à l’époque, la majorité était convaincue de faire le bien et « apporter les progrès de la civilisation » aux pays concernés.

Pourquoi le Parquet National Financier s’est-il saisi de l’affaire, alors que celle-ci relevait, selon la procédure pénale, du Parquet de Paris. Rappelons que le parquet est aux ordres du ministre de la Justice et que l’avancement des juges relève de lui. Y aurait-il un lien avec le fait que ce PNF a été créé et mis en place par Madame Taubira, et que sa présidente en est une proche ? Pourquoi le PNF a-t-il dérogé à tous les délais habituels de procédure ? Pourquoi n’a-t-il pas respecté la traditionnelle trêve électorale, qui, au nom de l’indépendance de la justice et du politique, garantissait que la justice puisse passer sereinement sans entraver le cours des choix démocratiques du Peuple français ? S’agirait-il d’une procédure d’exception visant un opposant politique, quand tout le monde clame haut et fort une hypothétique « indépendance de la justice » ? Le choix similaire du juge Tournaire, qui apparaît à beaucoup comme un « inquisiteur » (cf. sa mise en examen pour « abus de faiblesse » ayant abouti à un non-lieu, comme d’ailleurs la quasi-totalité des affaires lancées contre lui, de Nicolas Sarkozy, suivie d’un renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer), a-t-il été fait pour que la justice s’effectue avec sérénité ? Faut-il rappeler que le Syndicat de la Magistrature, auquel souscrivent la majorité des juges, est engagé à gauche avec tellement d’insouciance qu’il a pu en toute impunité afficher ses nombreuses cibles politiques de droite sur son fameux « mur des cons » ? Nous attendons toujours qu’un juge se saisisse de cette dernière affaire… Peu probable qu’on se juge entre copains de parti.

Comment expliquer que, alors que François Fillon n’était pas mis en examen et que ses avocats n’avaient pas droit d’accès à son dossier, plusieurs journaux, dont les journalistes Davet et Lhomme, aient eu accès aux PV  d’interrogatoires ? Qui les leur a transmis, en infraction avec la loi ? Cet acte délictueux avéré serait-il plus acceptable que les reproches d’infraction supposée de François Fillon ? Pourquoi n’entend-on aucun journaliste sur cette question, qui n’est pourtant pas moins choquante que l’objet supposé de l’affaire ? La presse, qui se drape dans son objectivité et sa morale légendaires, aurait-elle versé dans un camp, aux dépends de l’autre ? Pourquoi le Parquet National Financier n’a-t-il pas ouvert une enquête sur cette infraction pourtant manifeste ? Serait-il partie prenante à celle-ci ? Au service de quels intérêts ?

Pourquoi un tel emballement médiatique, qui restera dans l’histoire comme le plus honteux acharnement médiatique contre un homme présumé innocent, pourquoi une telle hystérie, et pourquoi à sens unique ? Comment se fait-il que les journalistes dits d’investigation, développent tous leurs commentaires dans le même sens, sans aucun souci d’envisager la moindre contradiction, sans relever les nombreuses incohérences dans le contexte de cette affaire ? Pourquoi l’intégralité d’un corps de métier, dont la première qualité devrait être la recherche scrupuleuse de la seule vérité, se transforme-t-il en autant de petits procureurs certains par avance des conclusions d’une enquête, qui pourtant est toujours en cours, condamnant d’avance l’intéressé et le clouant au pilori politique, le tournant sans la moindre pudeur, lui et sa famille en dérision à longueur de colonnes et d’antennes ? Y aurait-il un lien avec le constat fait par un sondage Ifop pour le n°209 de l’hebdomadaire Marianne du 23 avril 2002 qui nous apprenait que seuls 6% des journalistes déclaraient ne pas se reconnaître dans les valeurs de la gauche ? Alors que 94% s’y reconnaissaient. A l’occasion du premier tour de la présidentielle de 2012, des votes internes ont été organisés au CFJ et à l’ESJ de Lille, les deux plus prestigieuses écoles de journalisme de France. 100% pour les candidats de gauche dans la première ! Et « seulement » 87%, toujours pour la gauche bien sûr, dans la seconde. 

N’est-il pas inquiétant pour notre démocratie de voir toute une sphère médiatico-politico-juridique à l’unisson ? Tous comme un seul homme… contre un seul homme, alors que rien à ce jour n’est prouvé ? Un journaliste consciencieux ne devrait-il pas s’inquiéter d’un tel unanimisme « orwellien » ? Quand tout le monde part dans la même direction, c’est que quelque chose ne tourne pas rond dans la démocratie. N’est-ce pas la démonstration  que quelque chose est « pourri », non pas comme tous s’entendent à le répéter à longueur de chroniques, dans le monde politique, mais aussi et surtout dans le monde médiatique ?

Pourquoi un tel hallali contre le candidat de la Droite et du Centre ? Pourquoi n’entend-on pas les mêmes hurler avec la même véhémence sur le montant des fonds public utilisés par François Hollande, pour rémunérer de mai 2012 à fin 2014 son coiffeur 9.895 € par mois (autant qu’un ministre à 9.940,20 € mensuels), soit plus de 500.000 € charges comprises ? Pourquoi n’entend-on pas les mêmes hurler en apprenant que le  candidat Macron avait omis de mentionner la maison de sa femme dans sa déclaration de patrimoine pour ne pas être soumis à l’ISF et qu’il a fait l’objet d’une réévaluation fiscale qui l’y soumet désormais, quand le candidat Fillon, qu’on soupçonne de s’être enrichi abusivement, ne l’est pas et n’a jamais fraudé le fisc ? Pourquoi  personne n’enquête-t-il pas sur ce que sont devenus les 2,7 millions d’euros bruts perçus par Emmanuel Macron entre 2011 et 2013, soit environ 1,4 million d’euros nets après impôts, alors qu’il déclare un patrimoine quasiment nul, indiquant qu’il avait alors « pas mal dépensé » (un SMIC par jour… !) ? Y aurait-il deux poids, deux mesures ? Où est la fameuse « objectivité des médias » ?

Pourquoi tant de haine ? Tout le monde a le droit de ne pas être d’accord avec un candidat, quel qu’il soit, et de l’exprimer, même avec véhémence (cf. « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. », attribué indument à Voltaire…). Mais ici, il ne s’agit plus de cela. Ce qui s’exprime dans la presse quasi unanimement et dans de nombreux réseaux sociaux, c’est de la haine. Rarement un homme public, pas même François Hollande avec le Hollande-bashing qui relevait davantage de la dérision, n’a eu droit à autant de haine, excepté peut-être Nicolas Sarkozy. Tiens, encore un candidat de droite… S’agirait-il d’un même réflexe de rejet en provenance des mêmes, utilisant les même vecteurs médiatiques, avec les mêmes motivations politiques ?

Pourquoi cette affaire a-t-elle pris autant de résonnance médiatique ? Serait-ce du au conformisme des médias, qui se relaient et se reprennent mutuellement dans une hallucinante danse du scalp, dans cet odieux entre-soi du microcosme politico-médiatique, si éloigné des préoccupations du petit peuple de France ? Serait-ce pour masquer le sinistre bilan du quinquennat calamiteux qui se termine, auquel le candidat concurrent à tellement contribué et dont il est le continuateur ? Serait-ce pour faire un formidable écran de fumée de nature à cacher le programme d’un candidat de droite qui dérange l’establishment économique dont est issu irrémédiablement le candidat « anti-système » Emmanuel Macron, énarque, inspecteur des finances et banquier chez Rothschild, adoubé par les parrains Alain Minc, Jacques Attali et Jean-Pierre Jouyet, chantres de la mondialisation heureuse ?

N’est-il pas étonnant de voir s’emballer ainsi, au-delà de toute mesure, les principaux relais d’opinion de la gauche en France : les syndicats, la presse (réputée majoritairement à gauche), la justice (idem), le petit peuple bien pensant du show-bizz, toujours aussi prompt à prendre la pose pour combattre héroïquement sur les plateaux la peste noire de la droite (attention Petit Tailleur, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire….) ? N’est-il pas alarmant pour notre démocratie de voir ainsi lobotomiser l’opinion publique à force de rabâcher les mêmes invectives, et entraîner dans son sillage quelques girouettes politiques de droite (sans parler de l’ineffable Bayrou, monument d’opportunisme, que n’aurait pas renié Edgar Faure disant « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ! »), en mal de reconnaissance médiatique : « Mon Dieu, protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge », disait Voltaire… ?

…Et si François Fillon s’avérait in fine innocent de tous les chefs d’accusation ? Imaginons cette hypothèse ne serait-ce qu’une seule fois, ce que aucun journal n’a fait à ce jour, et on se demande bien pourquoi, alors qu’ils se veulent tous journaux d’investigation, défenseurs de la justice et de la morale. Quelle sera l’attitude des journalistes ? Y en aura-t-il un seul pour faire amende honorable et reconnaître son erreur et surtout sa très lourde responsabilité dans la manipulation de fait de l’opinion publique, le déni grave d’une valeur cardinale de notre pacte républicain qu’est la présomption d’innocence, le rapt du libre choix démocratique du peuple de droite ? Mais peut-être est-ce le but visé ?…

Pascal Brière

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