François Fillon mis en examen : « L’important n’est pas ce qu’on supporte, c’est la façon de le supporter »

La puissante mécanique enclenchée le 25 janvier 2017 par les premières « révélations » du Canard Enchaîné, a trouvé ce matin l’épilogue du premier chapitre de la mise à mort de l’homme politique François Fillon.

Ce matin, le candidat de la droite a été mis en examen pour « détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux et manquements aux obligations de déclaration à la Haute autorité sur la transparence de la vie publique ».

Les juges ont indiqué à ce justiciable peu ordinaire les raisons de cette mise en examen : « Vous êtes un candidat sérieux à l’élection présidentielle qui a de bonnes chances de gagner. Si c’était le cas, le statut d’inviolabilité du président de la République nous empêcherait de poursuivre pendant cinq ans cette procédure et on nous le reprocherait». On ignore qui ferait ce reproche mais ce « on » a visiblement beaucoup de poids pour influencer les juges. Rien sur les faits, aucun élément probant de culpabilité, une décision presque léonine.

Ce n’est donc pas l’Affaire en tant que telle, ce ne sont pas des preuves accablantes de la culpabilité de M. Fillon qui ont déterminé les magistrats : rien de tout ça. Ces magistrats ont fait le choix d’agir avant d’être paralysés par le fonctionnement des institutions de la Vème République ; ils ont fait le choix d’agir vite alors que le dossier ne leur permet pas de brandir à la face du candidat la preuve irréfutable de ses fautes et de son indignité.

La justice a décidé de mettre en examen un homme qui, s’il n’avait pas été candidat à l’élection présidentielle et candidat ayant des chances d’être élu, n’aurait jamais été mis en examen.

Peu importe, pour ces magistrats, de faire en sorte que le futur président de la France débute son mandat avec une mise en examen qui restera, le temps du quinquennat, en suspend au dessus de sa tête. Peu importe que ce président soit poursuivie par cette marque infâme du soupçon du viol de la loi. Peu importe d’affaiblir celui qui pourrait être demain la voix de la France, et même peu importe la France et son devenir. Seule compte, une hystérique volonté de faire courber l’échine de cet homme que plusieurs millions de français ont choisi par un vote démocratique.

Depuis le 25 janvier 2017, une succession ininterrompue d’attaques ont donné à cette campagne le goût d’un règlement de compte. La violence est telle que celles et ceux qui essayent d’acculer François Fillon au renoncement ne supportent pas que l’on pose des mots sur la nature de leurs actes. Surtout ne pas parler d’« Assassinat politique », l’expression, même au sens figuré, est trop violente comme si cette expression était plus violente que les attaques incessantes subies par M. Fillon et sa famille. On se moque des citoyens.

François Fillon a décidé de s’adresser au juge par le biais d’une déclaration.

L’homme pourchassé par les défendeurs de la morale ne s’est pas esquivé. Il a reconnu que son devoir était de répondre à la convocation des juges car «le respect dû à l’autorité judiciaire s’impose à chacun d’entre nous». Les institutions sont toujours plus grandes que les hommes chargées de les incarner même brièvement.

François Fillon a de nouveau affirmé qu’il a employé son épouse et que «la réalité de son travail est indéniable». François Fillon ne s’est pas contenté d’alléguer, il a communiqué des preuves et des témoignages.

François Fillon a rappelé que «les élus ne bénéficient pas d’une immunité absolue confinant à l’impunité dans l’emploi des ressources mises à leur disposition par le Parlement».

Il a aussi rappelé que  « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». François Fillon s’est référé à l’article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (séparation des pouvoirs). Cette séparation des pouvoirs serait violée s’il était possible «de porter un jugement sur le travail d’un parlementaire et la manière dont celui-ci s’organise avec ses collaborateurs parlementaires».

François Fillon ne s’est pas contenté d’alléguer, il présente des preuves de ces assertions : «Je vous renvoie à cet égard à la réponse faite par le Président de l’Assemblée Nationale aux enquêteurs le 13 février 2017. Interrogé par réquisition des enquêteurs sur les niveaux de rémunération des collaborateurs parlementaires bénéficiant d’un lien familial avec un élu, mon collègue Monsieur Claude Bartolone a refusé de répondre “au nom du principe de séparation des pouvoirs”».

François Fillon a rappelé qu’il ne demandait «ni dérogation, ni faveur, mais simplement le respect du Droit».

Cette déclaration par sa rigueur nous donne à voir la vulgarité de tout ce qui été écrit pour attiser cette chasse à l’homme. Incontestablement, il y a un fossé entre l’élégance de la défense de M. Fillon et la médiocrité des arguments qui lui sont opposés.

Le paradoxe, que ne perçoivent pas celles et ceux qui sont aveuglés par la férocité de leur combat anti-Fillon, c’est que cette affaire grandit l’homme Fillon. Chaque jour qui passe renforce sa carrure d’homme d’Etat. «De même que tant de fleuves, de chutes de pluies torrentielles, de sources médicinales ne changent pas la saveur de la mer et ne l’adoucissent même pas, le choc de l’adversité n’altère pas une âme vaillante : elle maintient son caractère et c’est elle qui communique aux évènements sa couleur, car son pouvoir est plus grand que celui de tous les objets extérieurs. Je ne dis pas qu’elle ne les sent point, mais elle en triomphe : son calme et sa placidité ordinaires ne l’empêchent pas de faire front contre leurs assauts. Tout malheur, à ses yeux, devient un exercice. Quel est d’ailleurs l’homme digne de ce nom, l’homme vraiment épris de vertu, qui ne désire une épreuve à sa taille et ne cherche des devoirs périlleux à remplir ? Pour une nature énergique l’inaction n’est-elle pas un supplice ? (…) Sans adversaire le courage s’étiole ; sa puissance, sa valeur n’éclatent qu’autant que les circonstances lui permettent de faire ses preuves. (…) L’important n’est pas ce qu’on supporte, c’est la façon de le supporter. » (Sénèque, [Entretiens], La Providence II.1, II.2, II.4).

Dans cette affaire, l’adversité a révélé François Fillon.

Beaucoup de gens pensaient qu’il allait ployer et renoncer à être candidat. François Fillon a douté. Il a pris des coups. Il a été sonné. Toutes ces circonstances violentes lui ont donné l’occasion de trouver en lui la force de résister, dans la dignité, dans la conviction de son destin.

Pour reprendre Sénèque, l’important ce n’est pas cet « Assassinat politique » dont on refuse à la victime de prononcer le nom, mais c’est la façon dont François Fillon garde la tête haute et humble. Il y a en lui quelque chose de grand, quelque chose que je ne soupçonnais pas dans le passé. Plus le temps passe, et plus je me demande si François Fillon n’est pas celui qui gagnera cette élection, en dépit du chaos organisé autour de son nom, car le destin semble avoir mis cet homme à l’épreuve pour s’assurer qu’il sera celui dont la France a besoin.

Régis DESMARAIS

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