Le programme de M. Macron : un catalogue tendance d’un gimmick de la politique

Emmanuel Macron, gimmick à la mode des médias et d’une élection squattée par la chasse à François Fillon, a déclaré ce week-end , qu’il proposait une véritable alternance et qu’il aurait un Gouvernement de gauche, du centre et de droite.

L’alternance ? Emmanuel Macron a les yeux rieurs et on devine en lui le potache. De fait, il ne trompe pas : François Hollande disait de Macron que c’était lui et Macron n’a pas renié cette transmutation présidentielle. Emmanuel Macron va nous faite de l’alternance avec Jean-Yves Le Drian (celui qui s’est opposé au non cumul des mandats), François Bayrou (un autre jeune nouveau en politique) et tous ceux qui le rejoignent et hantent les couloirs du pouvoir depuis des décennies.

Un gouvernement de gauche, du centre et de droite ? Normal, Emmanuel Macron c’est l’indistinction des valeurs et le nivellement des idées. En fait, Emmanuel Macron, c’est Open Bar. Tout le monde vient et tout le monde a sa place. On dit une chose et son contraire. Bref, Emmanuel Macron c’est l’ancienne Samaritaine : on y trouve de tout !

On juge un candidat sur son programme et le sérieux  de ses propositions lequel se mesure par leur faisabilité.  La lecture du programme de M. Macron est le nécessaire préalable à toute critique objective de M. Macron, candidat à l’élection présidentielle.

Evidemment, on pourrait s’intéresser aux costumes de François Fillon, et une fois de plus ne pas s’intéresser au programme de M. Macron. Ce n’est pas une méthode digne d’un citoyen responsable.  Laissons aux dégoûtés (sans doute très dégoûtants pour reprendre une formule de Luc Ferry, en fait de sa grand-mère, formule citée sur Radio Classique) à leur dégoût et regardons de près le programme du candidat Macron.

Le Programme.

Le programme de M. Macron est présenté sous forme d’un livret couleur de 32 pages téléchargeable sur son site. Le candidat a identifié six chantiers d’intervention politique. Pour chacun, il expose son analyse de la France et de notre société, puis il liste une série de mesures à prendre regroupées sous douze thématiques.

A l’instar de tous les candidats, il nous présente une situation souvent assez bien vue et nous propose un lot de mesures, que dans l’ensemble, tout le monde ne peut que partager et valider. Ce sont les mesures que j’appelle, « demain on sera heureux ». Tout le monde est d’accord avec ce type de propositions et les clivages ne se feront pas sur ces terrains consensuels. Evidemment, plus y a de propositions « demain on sera heureux » dans un programme, moins ce dernier sera audacieux et clivant et plus il sera un produit passe partout destiné à favoriser l’élection de celui qui annonce le bonheur pour demain et pour tous.

Le programme du candidat se singularise par les points suivants :

De nouvelles dépenses non financées et des recettes supprimées :

M. Macron proposent beaucoup de mesures représentants des couts nouveaux ou des mesures supprimant des prélèvements jugés injustes ou improductifs. La où le bât blesse, c’est que M. Macron ne dit rien des modalités de financement de ces nouvelles mesures ou des modalités de compensation des suppression de recettes. C’est dommage car certaines mesures ont un réel intérêt mais elles paraissent être proposées sans réelle étude de leur faisabilité. En clair, en l’absence de financements clairs et précis, ces promesses n’engageront que ceux qui veulent y croire.

Voici quelques propositions de M. Macron pour lesquelles le candidat affiche une grande pudeur quant à leur financement et donc leur capacité à voir le jour :

–          Exonération de la taxe d’habitation tous les Français des classes moyennes et populaires (soit 80% des ménages). Comment on finance le manque à gagner pour les collectivités territoriales et qui finance cette mesure ?

–          Gain de 500 euros nets par an pour un salaire de 2200 euros nets par mois. Comment ? « Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs », nous dit M. Macron. Oui mais alors comment ? Facile, «  nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires ». Bonne idée, mais ces cotisations servaient aujourd’hui à financer les caisses de retraite et d’assurances maladie. Plus de ressources pour ces régimes donc il va falloir compenser. Comment ? Et la, M. Macron ne dit rien. On retrouve la un point commun avec la puissance d’explication de M. Hamon sur le financement du revenu universel.

–          Augmentation du pouvoir d’achat des ouvriers, des employés et des salariés les moins bien payés. Comment ? C’est simple : « Tous les smicards qui bénéficient de la prime d’activité toucheront par exemple l’équivalent d’un 13e mois de salaire, soit 100€ nets de plus chaque mois. ». Intention louable pour améliorer le quotidien mais on finance comment ? Silence du candidat…

–          Rétablissement des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Pourquoi pas mais les budgets alimentés par ces cotisations devront eux aussi trouver d’autres sources de financement. Que deviennent ces budgets et comment sera compensée la perte de ces cotisations ? Mutisme du candidat.

–          Affectation de 5 milliards d’euros à la modernisation des exploitations des agriculteurs. Il va falloir se battre contre les défendeurs de la concurrence libre et parfaite qui trouveront, dans cette proposition, une aide qui désavantage les agriculteurs des autres pays de l’UE. La mesure est bonne mais est-elle réalisable ? Soyons sauvés. M. Macron indique qu’il veut faire évoluer le droit européen de la concurrence. Indispensable pour ce type de mesures mais du coup, leur effectivité sera renvoyée aux calendes grecques. Evidemment, M. Macron ne dit pas où il va trouver les 5 milliards d’euros.

–          Réduction des charges des entrepreneurs. Dans le principe, c’est bien, mais qui financera la perte de ces recettes ? M. Macron propose de supprimer le Régime Social des Indépendants (RSI) qui ne fonctionne pas, d’étendre le bénéfice du régime fiscale de la microentreprise. M. Macron veut mettre fin à toute forme de concurrence déloyale en permettant chaque année à tous les artisans et commerçants d’opter ou non, selon leurs besoins, pour le régime fiscal de la microentreprise. Mettre fin à toute forme de concurrence déloyale ? Les chauffeurs de taxi victime de Uber tant vanté par M.Macron apprécieront la rigueur de ce dernier.

–          Réduction du coût du travail. Ahh ces travailleurs qui coûtent trop cher ! M. Macron propose de baisser les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE, et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC : les employeurs économiseront près de 1 800 euros par an et par salarié au SMIC, 2 200 euros par an pour un salarié payé 3 000 euros bruts par mois. Joli, mais ces cotisations permettaient de financer des budgets. Comment on compense cette perte de recettes ??? Augmentation de la TVA ?

–          Mise en place d’un grand Plan d’investissement de 50 milliards d’euros sur 5 ans. « Ce plan sera mis au service des qualifications de tous les citoyens, de la transition écologique, de la révolution numérique, de la modernisation des services publics et de la rénovation urbaine ». Rien que çà, mais concrètement, M. Macron vise quoi de précis et il finance comment cette mesure ?

–          Soutien de l’investissement privé en baissant l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% pour rejoindre la moyenne européenne. Une fois de plus, il s’agit d’une perte de recettes pour l’Etat et le candidat ne nous dit pas comment il compense cette perte de recettes. Enfin, rappelons aux lecteurs que l’impôt sur les sociétés rapporte moins que l’impôt sur le revenu. S’il est souhaitable de rendre les sociétés françaises plus solides et d’attirer les investisseurs étrangers en limitant leur imposition, il ne faut pas oublier que la pression fiscale s’exerce surtout et principalement sur les ménages, donc les consommateurs.

–          Transformation de l’ISF en « Impôt sur la Fortune Immobilière »… les propriétaires de grandes demeures familiales où ceux qui se retrouvent dans un lieu faisant l’objet de la spéculation immobilière apprécieront… Cette mesure n’est pas chiffrée évidemment.

–          Mise en place d’un prélèvement unique sur les revenus du capital, de l’ordre de 30%. Cette mesure n’est pas chiffrée au niveau de son éventuel coût, c’est-à-dire son éventuelle perte de recettes pour le budget de l’Etat.

–          Proposition de créer un Fonds pour l’industrie et l’innovation. Doté de 10 milliards d’euros issus des actions d’entreprises possédées de manière minoritaire par l’État, il servira à financer l’industrie du futur. En clair M. Macron propose de revendre certaines participations de l’Etat dans des entreprises. Lesquelles ?

–          Rénovation de 1 million de logements mal isolés d’ici 2022, et en priorité ceux des propriétaires les plus modestes. C’est bien, mais on finance comment ?

–          D’ici 2022, 50% des produits proposés par les cantines scolaires et les restaurants d’entreprise devront être bio, écologiques ou issus de circuits courts. Une fois de plus la mesure ne peut faire que consensus (c’est une mesure « demain on sera heureux »), mais qui finance ? Les communes ? L’Etat ? Sur quel(s) budget(s) ?

–          Remplacement des vieux véhicules polluants en créant une prime de 1000 euros pour acheter un véhicule neuf ou d’occasion moins polluant. (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Recrutement de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires. Comment on finance ?

–          Construction de 15 000 nouvelles places de prison. Comment on finance ?

–          Augmentation des moyens de nos armées. (mobilisation de 2% du PIB qui serviront à renouveler les avions ravitailleurs, à moderniser les blindés de l’armée de terre, ainsi que la flotte de surface de notre marine nationale). La mesure représente presque 44 milliards d’euros ! On finance comment ?

–          Limitation à 12 élèves par enseignant la taille des 12 000 classes de CP et de CE1 en zone prioritaire. « Ces enseignants recevront une prime annuelle de 3000 euros nets. Et ils seront plus expérimentés : d’ici 2022, ceux affectés en zones prioritaires auront au moins 3 ans d’ancienneté ». C’est bien, (c’est une mesure « demain on sera heureux ») mais une fois de plus, comment on finance ?

–          Renforcement de l’autonomie des universités. « Elles pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations ». M. Macron propose d’ouvrir 80 000 places dans les filières professionnalisantes. On finance comment ?

–          Construction de 80 000 logements pour les jeunes. (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Ouverture des bibliothèques en soirée et le week-end. (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Création d’un « Pass Culture ». « Il permettra à chaque Français de 18 ans d’effectuer 500 euros de dépenses culturelles (cinéma, théâtre, livres…) ». (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Création des emplois francs pour encourager l’embauche des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. « Quel que soit le lieu où elle se situe, une entreprise qui recrutera en CDI un habitant de l’un de ces quartiers bénéficiera d’une prime de 15 000 euros sur 3 ans : c’est comme si elle ne payait plus de charges ! » Bien…mais on finance comment ?

–          Augmentation du minimum vieillesse de 100 euros par mois. (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Mise en place la prise en charge à 100% des lunettes et des prothèses auditives et dentaires d’ici 2022, en lien avec les mutuelles et l’ensemble des professionnels de santé. (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Affectation de 5 milliards d’euros du Plan d’investissement à la santé, notamment à la transformation de notre médecine de ville et de nos hôpitaux. (c’est une mesure « demain on sera heureux »). On finance comment ?

–          Création d’un service sanitaire. 40 000 étudiants en santé consacreront 3 mois à des actions de prévention dans les écoles et les entreprises. On finance comment ?

–          Doublement du nombre de maisons de santé. « Pour lutter contre les déserts médicaux, ces maisons regrouperont des médecins, des infirmières, des orthophonistes, des kinésithérapeutes, des professionnels du sport… ». C’est bien (c’est une mesure « demain on sera heureux ») mais on finance comment ?

–          Accès à un(e) auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants qui en ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres. « Ces AV S auront un emploi stable et un salaire décent. ». C’est bien, (c’est une mesure « demain on sera heureux »), mais on finance comment ?

–          Augmentation de 100 euros par mois l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). C’est bien, (c’est une mesure « demain on sera heureux »), mais on finance comment ?

–          Mise en place dans chaque département un tribunal de première instance qui sera le guichet unique permettant un accès facilité au juge. « Nous ne fermerons aucun site ». On finance comment ?

–          Couverture en très haut débit ou en fibre l’ensemble du territoire, Accélération de la construction de logements là où c’est nécessaire, Réforme radicale notre politique des transports, Lancement d’un Plan de Transition Agricole de 5 milliards d’euros, Développement de la continuité territoriale au profit des Outre-mers (« D’ici la fin du quinquennat, nous proposerons chaque année aux ultra-marins au moins 200 000 billets d’avion à prix aidé en particulier pour les étudiants et les entrepreneurs pour leur mobilité entre les Outre-mers et l’Hexagone »). On finance comment ?

M. Macron ne dit pas comment il va financer ces propositions. Augmentation de la TVA ? Réduction drastique de certaines dépenses, voir suppression de ces dernières ? Recours accru à l’endettement ?

Des propositions posant problème avec le droit :

Certaines propositions de M. Macron posent problème d’un point de vue juridique et parfois déontologique. A-t-il bien réfléchi à ces propositions et surtout à leur conséquences au regard du droit et de la notion du vivre ensemble ?

Voici quelques propositions de M. Macron soulevant des difficultés d’application :

–          Proposition de publier les noms des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. « Nous testerons au hasard, et massivement, les entreprises pour vérifier qu’elles respectent bien la loi en la matière ». Mesure démagogique et de flicage par excellence. C’est la délation et la culpabilisation 2.0

–          Création sur Internet un nouveau service d’explication de la réglementation pour les entreprises. « Un site Internet unique donnera à chaque TPE ou PME les obligations légales et conventionnelles qu’elle doit respecter en fonction de sa situation. Les réponses fournies en ligne seront valables face à l’administration ». M. Macron est en train de créer une nouvelle source du droit : les explications données par on ne sait qui auront force de loi face à l’administration. C’est osé et difficilement applicable.

–          Création d’une banque de données numériques. « Les administrations chargées d’autoriser des activités (l’ouverture d’un hôtel, ou l’obtention d’une licence de chauffeur privé, …) devront mettre à disposition leurs données. Face aux géants étrangers, des nouvelles start-ups pourront ainsi s’adresser par exemple à tous les hôteliers pour leur offrir de nouveaux services ». C’est la fin de la confidentialité des données transmises à l’administration et une fois de plus une mesure qu’il faudra défendre face à la législation relative au droit de la concurrence.

–          Redéfinition du dialogue social. « Les principes fondamentaux (durée légale du temps de travail, égalité professionnelle, salaire minimum…) resteront dans la loi. Mais, par exemple, les horaires effectifs ou l’organisation du travail seront négociés au plus près du terrain. Ils seront définis par accord majoritaire ou par référendum d’entreprise sur la base d’un accord. » Bref, c’est la loi Travail du Gouvernement Valls qui a fait tant de remous à la fin de l’actuel quinquennat.

–          Interdiction de l’usage des téléphones portables dans l’enceinte des écoles primaires et des collèges. Pourquoi pas, sauf que les lycées et collèges sont des établissements publics locaux juridiquement indépendants et dotés de leur propre règlement intérieur. Difficile d’imposer à plusieurs milliers de personnes morales une règle de fonctionnement interne. Difficile mais certes pas impossible.

–          Les policiers et les gendarmes auront un nouveau pouvoir : (sous le contrôle du juge, ils pourront interdire à une personne délinquante de fréquenter le quartier où elle a commis ses délits. Difficile à mettre en œuvre (définition et délimitation du quartier) et quid de la liberté de circulation ?

–          Nous demanderons à chaque lycée professionnel et université de publier ses résultats (débouchés, salaires, etc.) sur les 3 dernières années. Etrange introduction de la concurrence entre lycées….

Des propositions fortes mais irréalisables en l’absence de majorité forte et relativement homogène :

Certaines propositions sont frappées du bon sens et font incontestablement partie des blocs de réforme dont le pays a besoin. Mas il y a un hic : ces mesures, de par leur impact voire leur radicalité, nécessitent une majorité et une adhésion de tous ceux qui prétendent gouverner avec M. Macron. Or, se pose ici la question de la gouvernance de son quinquennat dès lors que ce dernier sera placé, selon notre gimmick à la mode, sous le signe de l’alternance et donc de la rupture tout en étant à gauche, au centre, à droite, donc partout et nulle part.

Outre de nombreuses propositions listées dans la rubrique des propositions non financées, nous pouvons citer :

–          Le droit pour tous les travailleurs à l’assurance-chômage. « Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection ». Et les fonctionnaires d’Etat ? Rien pour eux sur ce plan. M. Macron sait-il que les fonctionnaires de l’Etat, radiés des cadres de la fonction publique ou démissionnaires, n’ont pas droit au chômage ?

–          Mise en place d’un  système universel de retraite avec des règles communes de calcul des pensions. « Ce système aura l’avantage d’être égalitaire et de permettre les mobilités interprofessionnelles sans pénalisation en terme de retraite ». Incontestablement c’est une bonne mesure mais une mesure qui sera combattue. C’est l’exemple type de l’impuissance de M. Macron dans le passage aux actes. Comment mettre en place une telle mesure avec une majorité hétéroclite et quasi ingérable ?

Des propositions en partie déjà effective dans la réalité :

–          Ouverture des droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent. Pas mal, sauf que pour les démissions légitimes c’est déjà le cas.

–          Effort national de formation sans précédent. « Nous formerons 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et aujourd’hui sans perspective. ». C’est bien. Mais rappelons à M. Macron que le budget de l’Education  nationale est aujourd’hui, et depuis longtemps, le premier budget de l’Etat et un effort sans précédent depuis des décennies. La question serait sans doute de mieux utiliser ce budget et d  faire en sorte que ne sortent pas de ce système tous ces jeunes peu ou pas qualifiés.

Les propositions « demain on sera heureux » :

–          Placer la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides. Sympa. Il va falloir évaluer l’origine de ces risques. Monsanto/Bayer doit trembler…

–          Faire de la France le leader mondial de la recherche sur la transition environnementale.

–          Les spécialistes étrangers bénéficieront de formalités d’accueil accélérées.

–          Diviser par deux le nombre de jours de pollution atmosphérique. Ah oui, et comment ? M. Macron a sans doute des leviers pour ériger des protections dans le ciel en cas de grands vents amenant sur Paris les particules de charbon brûlé dans les centrales allemandes.

–          Ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions.

–          Alourdissement des sanctions contre la fraude fiscale. La lutte contre la fraude aux prestations sociales sera amplifiée.

–          Une fraude grave entraînera désormais, en plus du remboursement, la suspension de la prestation. C’est une bonne chose.

–          Transparence sur l’attribution des logements sociaux.

–          Fin des incivilités. « (Le harcèlement des femmes, les insultes, la dégradation du mobilier urbain, les crachats… Ces incivilités seront punies d’amendes immédiates et dissuasives.) »

–          Toute peine prononcée sera exécutée.

–          La cyberdéfense et la cybersécurité deviennent comme priorités de notre sécurité nationale.

–          Création avec les partenaires européens d’une force de 5 000 garde frontières européens.

–          Donner  la priorité à l’école primaire, Plus d’autonomie aux équipes éducatives, Proposer à tous un accompagnement après la classe, Au collège, rétablissement des études dirigées après la classe grâce à des bénévoles (étudiants et retraités), Modernisation du baccalauréat.

–          Sanctuarisation du budget du ministère de la Culture.

–          Démantèlement des associations qui, sous couvert de religion, s’attaquent à la République.

–          Fermeture définitive les lieux de culte dans lesquels certaines prêchent l’apologie du terrorisme.

–          Lutte contre la discrimination comme priorité nationale.

–          Examen des demandes d’asile en moins de 6 mois, recours compris.

–          Construire une Europe qui développe nos emplois et notre économie, qui protège les citoyens et les industries stratégiques.

–          Création d’une  Europe de la défense associant les pays volontaires, en créant un Fonds européen de défense qui financera des équipements militaires communs (comme les drones européens) et un Quartier Général européen permanent.

–          Création d’un  service sanitaire. 40 000 étudiants en santé consacreront 3 mois à des actions de prévention dans les écoles et les entreprises.

–          Droit à l’oubli pour les personnes ayant été malades.

–          Droit à l’erreur pour tous (la fraude n’est pas toujours une fraude délibérée)

–          Grande loi de moralisation de la vie publique.

–          Etc….

Le programme de M. Macron comme tout programme est un ensemble hétéroclite de mesures destinées à obtenir l’adhésion du  plus grand nombre. De fait, une bonne majorité de ce programme relève de la proposition « demain on sera heureux ». Le reste est parfois audacieux mais irréalisable dans les faits, faute de pouvoir politique fort et faute, pour certaines mesures, de pouvoir être financées sans remettre en cause les équilibres recherchés.

M. Macron est très contradictoire lorsqu’il nous parle de la langue française et de notre culture quand on compare son programme à ses déclarations dans la presse.

Et M. Macron d’écrire : « Nous avons tous en partage notre langue, notre premier trésor commun, à la fois notre socle et notre phare : ce qui nous a fait et ce qui nous distingue, nourri aussi par la vitalité de nombreuses et belles langues régionales ». Une fois de plus M. Macron est contradictoire. Les actes ne suivent pas les écrits. Voir M. Macron s’adressant aux Français de Berlin en leur parlant…en anglais !

M. Macron, n’hésite pas à faire de la maîtrise de la langue française le principal critère de l’obtention de la nationalité française et propose de renforcer l’apprentissage de notre langue pour les candidats à la naturalisation. M. Macron conclue en affirmant : «  Quelle meilleure preuve de la volonté de quelqu’un de s’intégrer et de devenir français ? ». C’est vrai, mais venant d’un candidat qui a déclaré qu’il n’y avait pas de culture française et qui s’exprime en anglais à des français expatriés, on doute de la profondeur de ces déclarations.

Enfin, chose étrange, en matière de politique internationale, M. Macron nous parle de l’Europe… et de l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ? Mystère. Le candidat Macron ne nous parle ni des Etats-Unis, ni de la Russie, ni du Moyen-Orient, ni des zones qui demain seront les pôles de croissance du monde : l’Inde et la Chine. Emmanuel Macron nous fait une démonstration du vide de sa pensée. Inquiétant pour quelqu’un qui aspire à se glisser dans des vêtements visiblement trop grands pour lui.

En conclusion

A l’heure où M. Macron, pur produit du hollandisme et du système, essaye de faire croire qu’il représente une alternance (peu crédible quand on voit avec qui il va gouverner), nous apprenons qu’un ministre du Gouvernement lui communique des notes stratégiques sur la défense. Plus le temps passe, plus la phrase rapportée du président de la république « Macron c’est moi »  nous fait mesurer à quel point cette élection ressemble à une farce tant les masques portés par les protagonistes ne suffisent pas à cacher les vrais visages.  Le programme, très inventaire de la Samaritaine et truffé de mesures « demain on sera heureux » ou de mesures non financées fait planer un doute sérieux sur l’intérêt pour la France de l’élection de M. Macron.

Régis DESMARAIS

 

 

 

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