Le spectacle d’une harpie, d’un bracelet et d’un homme présumé innocent

La télévision est un spectacle, la politique est un spectacle. Guy Debord n’a eu de cesse de dénoncer le basculement de notre société dans la représentation et le culte de l’artificiel, du superficiel et du faux. Le 23 mars dernier, un spectacle ahurissant a été offert aux téléspectateurs. François Fillon a été invité à débattre avec Christine Angot. Débattre est un mot impropre car avec Mme Angot, il n’y a pas débat mais un monologue. Pas de débat avec François Fillon, mais le spectacle inouï d’un homme jeté aux mains d’un accusateur au service d’un comité de salut public surgi des ombres de l’histoire.

Christine Angot est présentée comme une « écrivaine ». Cela est vrai, si on fait le décompte des ouvrages publiés, mais cela est faux quand on ouvre ces ouvrages. Enfin, faux … pas tout à fait. Christine Angot a voulu faire de sa vie un sujet littéraire. Son premier succès en librairie a eu le mérite de prendre le lecteur par la main de la première à la dernière page. Le sujet de ce livre, grave et dramatique, était l’évocation du viol subi, la dénonciation d’un père incestueux, la thérapie par l’écriture. Christine Angot, sur la base d’un sujet souvent tabou, mais oh combien peu original en littérature, avait tout de même écrit un livre puissant. Les livres qui suivirent levèrent le rideau sur une vérité cruelle : Mme Angot était et sera toujours l’écrivain d’un seul ouvrage. En effet, tous ses autres livres ne sont que la réécriture du premier. Une variation incessante de Mme Angot sur elle même, ses douleurs et ses dégoûts. Christine Angot fait de la littérature un faire valoir pour rassasier son égocentrisme et son narcissisme. Mme Angot parle d’elle, encore d’elle et toujours d’elle. Elle incorpore dans ses livres celles et ceux qui ont traversé sa vie. Sans fard, sans voile, sans pudeur, Christine Angot balance au fil des pages les intimités des uns et des autres, les arrière-cours, les arrière-pensées, les névroses et les petitesses. L’inconvénient de cette littérature de l’exhibition de l’intime est de vite lasser le lecteur. La lassitude du lecteur est d’autant plus grande que chaque nouvel ersatz du premier livre perd un peu de la structure et de la substance du l’ouvrage initial. Un lecteur lassé est un lecteur qui n’achète plus. Un achat qui ne se fait plus, c’est un éditeur malheureux et des relations compliquées avec l’écrivain qui s’obstine à recopier inlassablement et imparfaitement son premier livre. Alors, il faut recycler cet écrivain et le recyclage se fait parfois par la télévision.

Ce 23 mars 2017, Christine Angot s’est imaginée entre les pages de ses livres, des pages rêvées, en maîtresse du monde et donneuse de leçons. Pourquoi pas, mais le problème est que Christine Angot ne se bonifie pas avec le temps. La rancœur, le ressentiment, la croyance en sa supériorité et en la petitesse des autres dépassent parfois les limites du supportable. Et jeudi soir, ces limites ont été pulvérisées.

Avant même que Christine Angot n’ouvre la bouche, le pire était à craindre. Tel un épervier prêt à fondre sur sa proie, Mme Angot a lancé des regards inquiétants sur François Fillon. Immédiatement, tout s’est révélé cousu de fil blanc : François Fillon allait subir le sort de ceux qui trouvèrent leur intimité exhibée dans les livres de l’écrivaine et à leur insu. Christine Angot a présenté l’image d’une personne suintante de haine et de férocité. Elle s’est faite accusatrice. Véritable Fouquier-Tinville féminin, elle a accusé François Fillon d’avoir pénalement fauté. Sur quelles bases ? Sur ce qu’elle a lu dans la presse ! Pour Mme Angot, si c’est écrit dans la presse, c’est que c’est vrai. C’est bien connu, il suffit de dire qu’untel est un brigand pour que ce soit vrai. Christine Angot, devant un François Fillon calme et maître de lui, s’est mise à agiter le bras. Ce bras, secoué nerveusement était le glaive de Mme Angot (le pensait-elle) et la preuve d’une histoire censée édifier le téléspectateur (le pensait-elle encore) et le convaincre de la bassesse de François Fillon (le pensait-elle toujours). Mme Angot a raconté l’histoire d’un bracelet offert par une amie dans l’intention d’obtenir d’elle une bonne critique. Et Mme Angot, péremptoire, de  hurler que ce bracelet avait été offert en pure perte car il n’y eu pas de critique favorable rédigée en faveur de l’amie. Mme Angot a voulu se montrer exemplaire face à François Fillon lequel avait accepté le cadeau des costumes et devait, imparablement et prévisiblement, rendre en retour un service. C’est ce que pensait Mme Angot qui accusait déjà M. Fillon de préparer demain une contrepartie aux cadeaux d’aujourd’hui.

L’histoire de Mme Angot sonne faux. Le bracelet, impossible à cadrer par la caméra, aurait été offert à l’écrivaine par une amie mais on devine bien que Mme Angot ne peut pas avoir d’amie, en tout cas pas d’amitié au sens de Montaigne et de la Boétie. Et surtout, cette histoire a fait un flop car si François Fillon a reçu des costumes, il les a rendus. Mme Angot a gardé le bracelet et même elle osait le porter devant les caméras. En matière de vertu, Mme Angot repassera. Alors Christine Angot s’est énervée de plus belle. Excitée, sans doute vexée, elle a tenté de faire croire qu’elle parlait au nom de toutes les voix muettes qui ne pouvaient s’exprimer. Secouée par la référence au coût du coiffeur de M. Hollande (593 700 euros payés avec l’argent public mais cela ne choque pas les défendeurs de la morale et de la vertu), Christine Angot a revêtu les habits de la harpie, divinité crétoise de la mort, âme errante, mi-oiseau, mi-humain. Elle n’a eu cure de l’invitation à débattre et a dit à M. Pujadas le fond de sa  pensée : elle n’est pas venue pour débattre mais pour frapper avec les mots.

Vous le savez, Mme Angot est l’écrivain d’un seul livre. De fait, certains mots et leur sens lui échappent faute d’une vraie pratique d’écriture renouvelée. François Fillon a déclaré à M. Pujadas que tout ce qui avait été dit sur lui et sa famille, depuis un bon mois, lui avait permis de comprendre ce que M. Bérégovoy avait ressenti dans les pires heures des attaques de la presse : le sentiment d’une impasse, d’un mur contre lequel on va se fracasser, de l’impossibilité de faire entendre la vérité et de faire reconnaître son innocence. Nulle évocation du suicide de l’ancien Premier ministre, nulle évocation de l’idée de suicide, simplement l’évocation de la compréhension de ce que M. Bérégovoy avait vécu lorsque tout se déchainait contre lui. Pour la harpie, cela était trop. « Ah bon il est blessé ? » lança-t-elle à François Fillon avant de dire moqueuse et ironique « Il est blessé monsieur… ». Et soudain, le grand classique de l’appropriation de la mémoire et de la déformation des propos tenus : Mme Angot se met à vociférer qu’elle ne pardonne pas à François Fillon d’avoir fait référence à M. Bérégovoy et pire, d’avoir fait un chantage au suicide… Si si, elle a dit cela alors que vous avez bien lu et bien entendu, François Fillon n’a jamais évoqué le suicide de Pierre Bérégovoy. C’est comme ça. Si c’est écrit dans la presse, c’est que c’est vrai. Si moi, Christine Angot, je dis quelque chose, c’est que c’est vrai. Vous, la victime qui a le toupet de dire qu’elle a souffert, vous n’avez qu’à vous taire et cacher votre souffrance illégitime dans votre poche ! Belle démonstration d’empathie et d’humanité. Le texte de Mme Angot n’était pas remarquable comme certains osent le dire. Son texte, en partie écrit avant son intervention, était affligeant d’arrogance, de méchanceté et de maladresse. A l’image de ses derniers livres, l’intervention de Mme Angot était du vide meublé par du laid.

Dans cette affaire et depuis le début de cette affaire, la vérité, on s’en moque. L’hystérie conduit à accuser sans preuves, sans pièces, sans rien d’autre que sa conviction personnelle.  La culpabilité d’un homme est proclamée parce que un jour on a décidé qu’il était coupable. Cela rappelle bien des totalitarismes…

En regardant ce « débat » entre Mme Angot et François Fillon, je repensais aux mots de Gabrielle Wittkop, une vraie femme écrivain qui n’a pas passé sa vie à recopier le même livre en changeant des noms et des éléments de décors : «J’ai le regret de vous informer que le fonctionnement de la harpie n°1789 (…) laisse beaucoup à désirer. En effet, la harpie s’échauffe instantanément en raison de la friction rotative, ce qui laisse conclure à un vice. Une fois échauffée, la harpie ne se calme plus» (Almanach perpétuel des Harpies – L’Ether vague -Patrice Thierry, 1995). Ce 23 mars au soir, une harpie a tenté de découper avec ses griffes un homme à qui le principe de la présomption d’innocence ne s’applique plus. J’avais écrit le 4 février dernier que François Fillon était le martyre d’un simulacre de démocratie. Un mois plus tard, je le pense toujours mais désormais il me semble être devenu la victime expiatoire d’une société en folie, d’un monde en bascule et d’une manipulation éhontée que seuls des aveugles et des sourds pourraient encore ignorer.

Ce qui est plaisant avec une harpie, c’est que celui qui ressort en vie et indemne de ses griffes prend l’habit du héros. Toutes ces affaires et la manière dont elles sont instruites transforment profondément François Fillon. A coup sûr, il ne sera plus jamais le même homme. A coup sûr, sa résistance, son opiniâtreté à se battre et à défendre son honneur transforment son image auprès des Français. Les récentes données de FILTERIS montrent qu’il redevient le deuxième dans la course présidentielle. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle car il est certain que les attaques contre François Fillon et sa famille vont repartir de plus belle. Après les costumes, on va nous parler de montre, de voiture, de vacances, de meubles, de tableaux, de fourchettes… Tout sera prétexte à démolir François Fillon mais plus le système  en rajoutera, plus les effets recherchés seront ratés. Trop d’acharnement empeste la bêtise et la manipulation. Désormais, nous savons tous que ces attaques sont les hoquets et les soubresauts de harpies vengeresses. La civilisation, le droit et l’humanisme ne sont pas du côté de la violence mais du côté de la victime qui se bat et défend son honneur. Ce qui s’est passé le 23 mars 2017 au soir, entre Christine Angot et François Fillon, était inévitable car les Français savent trop bien quel camp choisir, au grand désespoir des harpies. François Fillon sera présent au second tour de l’élection et M. Hollande, dédoublé en Emmanuel Macron (« Macron c’est moi » avait dit le président sortant), sera définitivement placé hors du jeu politique.

« …d’une harpie vous regardant en face, vous allez connaître un grand succès.» (Gabrielle Wittkop) que ce présage serve François Fillon !

Régis DESMARAIS

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Une réflexion au sujet de « Le spectacle d’une harpie, d’un bracelet et d’un homme présumé innocent »

  1. vous n’avez pas à me convaincre, le comportement de cette femme était tout simplement un scandale, monté totalement par ce « cher » journaliste PUJADAS et son employeur… QUI PEUT CROIRE A UN TEL SCENARIO ??? François FILLON a été d’une droiture, d’une correction que nous n’avons plus l’habitude de voir à ces émissions (autre émission aussi minable de Monsieur PUJADAS a été celle avec Marine LE PEN) : VIVE LE SERVICE PUBLIC !!!! Je souhaite, si François FILLON est élu président, qu’un GRAND MENAGE, voire un IMMENSE COUP DE BALAI soient faits au sein de ces chaînes de télévision (j’ai découvert par hasard la chaîne I-MEDIA / TVLibertés, c’est autre chose)

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