La trahison de Valls révèle une stratégie pro-Macron et anti-Fillon

Un homme politique est par nature ambitieux. Cette ambition n’est pas forcément détestable. Elle est comme une composante naturelle de l’homme politique car il faut être ambitieux pour vouloir représenter les autres citoyens et tenter d’apporter à leurs revendications des solutions. L’homme politique est celui qui va diriger la vie de la cité, hiérarchiser les besoins à satisfaire et trouver les moyens de les satisfaire. L’ambition est forte et noble.

Il y a aussi des ambitions moins nobles. Il y a celles qui ont pour objectifs de satisfaire, en priorité, le désir de pouvoir d’un homme et ses ambitions de carrière. Le service des autres passe au second plan. L’homme politique est alors à son propre service ou à celui d’un groupe. Les véritables motivations de cet homme politique sont facilement visibles et compréhensibles pour celui qui a deviné l’ambition personnelle et les vrais ressorts de l’action politique.

L’homme politique, quel que soit son but (le service des autres ou son propre service) doit se distinguer par l’habileté à conduire sa carrière. Cette habileté nécessite évidemment par une intelligence de situation. Le moins que l’on puisse dire est que Manuel Valls n’est pas de cette trempe et ne présente pas une stature d’homme d’Etat.

Ancien Premier ministre du Président le plus détesté de la 5ème République, Manuel Valls avait tout intérêt a prendre de la distance et à se faire oublier des Français. Le bilan désastreux du quinquennat, en l’absence du Premier ministre emblématique de cette présidence, ne pouvait que naturellement et légitimement retomber sur les épaules de François Hollande. Manuel Valls en a décidé autrement. Il reste dans l’arène politique et de la pire manière : en trahissant son camp et sa parole. Certes, Manuel Valls n’est pas le premier homme politique à trahir, mais en général, les trahisons sont plus subtiles et moins placées sous le feu des projecteurs. Le problème pour M. Valls, et du reste pour tous les hommes politiques contemporains, est l’accès immédiat à tout ce qui a été dit ou fait dans le proche passé grâce à Internet.

Souvenons nous : les sept candidats à la primaire de la gauche, dont Manuel Valls, se sont engagés à soutenir le vainqueur de la primaire. Benoit Hamon est sorti vainqueur de cette primaire et devait de fait, bénéficier du soutien des 6 autres candidats. Que se passe-t-il ? M. Hamon bénéficie des couteaux que certains avaient visiblement en abondance dans leur arrière cuisine.  Manuel Valls, au mépris de sa parole et des électeurs de la primaire, a décidé de soutenir M. Macron, c’est-à-dire le porte voix de M. Hollande. Un tel mépris, une telle trahison, qui plus est de celui qui était, il y a quelques mois encore, le Premier ministre de la France, est une situation inédite et un formidable et désastreux signal envoyé à ceux qui estiment que les hommes politiques sont désormais sans qualité.

Le plus sordide dans cette affaire est la justification de cette trahison : « Je prends mes responsabilités face à l’effondrement moral de la candidature de François Fillon, a-t-il poursuivi. Ce n’est pas un ralliement, c’est un choix de raison. » et « Le temps n’est pas celui de la négociation. Emmanuel Macron n’est pas encore qualifié pour le second tour, il n’est pas élu. (…) Je ne veux juste prendre aucun risque face à l’extrême droite et je voterai donc Emmanuel Macron. ». Cela s’appelle faire porter le chapeau sur la tête des autres et ne pas avoir le cran d’assumer sa déloyauté. Ainsi M. Valls trahit son camp en raison de « l’effondrement moral de la candidature de François Fillon » et aussi parcequ’il ne veut pas prendre le risque de devoir voter M. Fillon au second tour de l’élection. Dans tout cela, M. Hamon est passé sous le tapis. Le candidat socialiste n’a visiblement pas, aux yeux de M. Valls, un quelconque poids pour se hisser au second tour de l’élection. Le pire pour M. Valls serait aussi de devoir voter pour un M. Hamon opposé à Mme Le Pen, mais ce cas n’est pas envisagé par l’ancien Premier ministre.

La stratégie dénoncée depuis le 4 février est clairement mise à jour et officialisée : il faut tout faire pour que M. Macron soit deuxième au soir du premier tour de l’élection présidentielle ! Il suffit, pour comprendre, de reprendre l’argument de M. Valls justifiant sa trahison : « Emmanuel Macron n’est pas encore qualifié pour le second tour ». Cet argument est surprenant car tous les sondages déversés par les mass médias donnent non seulement M. Macron largement devant M. Fillon mais même parfois devant Mme Le Pen ! Comment M. Valls peut-il justifier sa position puisque d’après ces sondages, si adulés par le pouvoir, M. Macron serait déjà le gagnant au premier tour de l’élection ? Autre enseignement de la trahison de M. Valls : les sondages, si incritiquables, seraient-ils faux, erronés et orientés pour faire croire à la victoire facile de M. Macron ? Cette explication est la seule plausible pour justifier les propos de M. Valls.

Ce qui est intéressant avec un homme politique qui n’a pas la stature d’un homme d’Etat, c’est que par ses actes, il révèle ce que les autres essayent de cacher : depuis le début de cette élection tout est fait pour que M. Macron soit présent au second tour de l’élection et les sondages diffusés par les mass médias sont biaisés. On ne peut que remercier M. Valls de sa trahison car il confirme ce que beaucoup de gens pensent et constatent depuis plusieurs semaines. Ce à quoi les Français assistent depuis  début février n’est rien d’autre qu’une mécanique subtile destinée à reconduire la gauche au pouvoir en plaçant au premier rang, un candidat sans profondeur aux ordres. Il faut reconnaître que voir la gauche sortir victorieuse des élections présidentielles, après la pire présidence que le pays a connu, serait un coup digne de Machiavel. Enfin, quand je parle de la gauche, je parle de la fausse gauche incarnée justement par les clans de M. Hollande ou de M. Valls. « Macron, c’est moi » a dit François Hollande. Porter Macron à l’Elysée c’est reconduire François Hollande au pouvoir. Audacieux, vicieux, subtile et incroyablement osé… mais bon vous savez ce que disait Audiard de ceux qui osent tout…

La stratégie visant à chasser tout candidat sérieux face à M. Macron est conduite sans égard pour les pertes politiques collatérales :

  •  M. Valls se trouve humilié à trahir sa parole donnée devant les électeurs au profit d’un candidat qui le remercie du bout des lèvres et lui dit qu’il ne compte pas l’intégrer dans son entourage. Mort politique de M. Valls.
  • Le parti socialiste ne se remettra pas de ces trahisons multiples. Mort d’un grand et ancien parti de gouvernement.
  • Les tentatives de sabotages de la candidature de M. Fillon affaiblissent le candidat de la droite et opposent les français entre eux. Mort d’une certaine idée de la politique.

Il y a dans la stratégie du « Tout pour Macron » un profond parfum mortifère qui se répand au sein de notre pays, affaiblit ses institutions, dénature le vote démocratique et, au final, fragilise la France. C’est pitoyable et triste. Comme les sondages ne semblent pas dire la vérité, il est donc normal mais affligeant, de voir encore les affaires s’accumuler sur M. Fillon. Les électeurs doivent bien le comprendre : cela ne va pas s’arrêter tant que M. Macron n’est pas assuré d’être présent au second tour de l’élection présidentielle. Il est donc urgent, pour le pays, de renverser la formule « Tout pour Macron » en « Macron dehors dès le premier tour ! ». L’abstention, le vote blanc, le vote au profit des petits candidats seraient donc une fatale erreur pour le pays au premier tour de l’élection présidentielle. « En Marche !» nous impose une « Election Médiocre !» sauf à faire sortir M. Macron de la course présidentielle au soir du premier tour.

Régis DESMARAIS

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Une réflexion au sujet de « La trahison de Valls révèle une stratégie pro-Macron et anti-Fillon »

  1. je ne suis pas loin de croire a toutes ces magouilles de la gauche . a 80 ans j’ai connu le scandale des piastre, le faux attentat de l’observatoire ?la mise a l’écart de mendes france,l’envoie des appelés en algérie (1954 mitterand ministre de l’intérieur de guy mollet ) les suicidés pelat de grossouve beregovoy les écoute tel et j’en passe plus rien ne m’étonne et je suis sensible a cet article . merci

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