Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays

Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays. Quelque chose d’intense et de désarçonnant pour qui croyait le peuple naïf et moutonnier.

Le peuple a observé avec stupéfaction la mise au pilori du candidat de la droite. De toute part, les révélations surgissaient comme libérées d’un tonneau des danaïdes ouvert par mégarde. Sauf que dans cette histoire, il n’y eu point de mégarde mais une volonté délibérée  de faire place nette pour le dauphin du président Hollande. Avec constance, mais sans soucis du trop plein, toutes les ficelles furent tirées, presque en même temps, pour expulser François Fillon de la scène politique. L’absence de subtilité dans les attaques révéla bien vite l’intention réelle : il ne s’agissait pas de faire triompher le droit, mais une morale de circonstance au service d’un objectif précis lequel était l’élection de M. Macron. Le droit est l’affaire des juges et pas des médias et des prédicateurs en tout genre. Les Français ont vite compris les grosses ficelles utilisées pour les inciter à rejeter le candidat de la droite sans même un regard pour son programme, sans même un égard pour les défis qui se posent à la France.

Il fallait avoir une image bien altérée du peuple français pour imaginer qu’une stratégie aussi grossière pouvait réussir à influencer le vote. Comment certains individus, placés aux plus hauts postes de l’Etat, pouvaient-ils faire de la sentence outrancière de  George Frêche  (95% des électeurs sont des cons) une description fondée de l’électorat ? Comment des individus qui se targuent de leur supériorité pouvaient ils croire que les Français allaient donner du crédit à cette campagne de démolition d’un candidat ? La réponse est sans doute des plus simples. Quand on se moque des « sans dents » on a une représentation cynique et dégradée des Français, et dès lors, tout devient possible, y compris la mise en œuvre d’une stratégie grossière et insultante pour l’intelligence du peuple.

Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays. La stratégie de démolition de la candidature de François Fillon a, par un effet indirect inattendu, mis sous le feu des projecteurs tous les opportunistes et ceux qui ne croient plus vraiment en notre pays.

Les ralliements à M. Macron, à un homme qui affirme que la culture française n’existe pas, un homme épaulé par un François Bayrou qui déclare que la littérature française n’existe pas, font le tri entre ceux qui pourront construire l’avenir de ce pays sans renier son passé et sa culture et ceux qui veulent faire de la France une subdivision d’un territoire global, piloté par la finance, et dont la culture sera un mélange de tout, un melting pot culturel. Il n’y a qu’à voir ces  immenses rues piétonnes et commerçantes présentes dans toutes les grandes villes du monde ; toutes semblables avec les mêmes magasins, les mêmes publicités et les mêmes promotions. C’est le projet de M. Macron pour la France : faire de la France un pays indistinct des autres. Les Français ont compris le danger. Il ne peut pas y avoir d’avenir pour l’humanité si cette dernière oublie l’histoire des peuples. Il ne peut pas y avoir d’avenir pour la France  si cette dernière cesse de s’émouvoir de son passé et cesse d’être elle même.

Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays. Les gens se parlent, s’éloignent de la télévision et se déplacent pour assister à des réunions. Ils échangent aussi er beaucoup sur les réseaux sociaux. Ils lisent et se documentent.

François Fillon, d’après les Mass media, serait distancé par M. Macron mais cela ne se retrouve pas sur le terrain, ni dans certaines enquêtes d’opinion et de popularité. Nul enthousiasme pour la candidature de M. Macron. Au contraire, l’incohérence des propos de ce candidat, sa faculté à dire une chose et son contraire pour satisfaire ses différents interlocuteurs, la lecture de son programme dépensier, et le constat qu’il lui sera quasiment impossible de réformer le pays avec une majorité allant de Robert Hue à Alain Madelin fait réagir les Français. De nombreux participants à des meetings du dauphin de M. Hollande ont quitté la salle, atterrés par la profusion de lieux communs et le vide du discours et de la pensée de l’ancien ministre des Finances de M. Hollande.  Les Français se tournent désormais vers trois candidats : Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.  Inutile et grossier de culpabiliser celles et  ceux  qui envisagent de voter pour l’un ou l’autre de ces candidats. Ces électeurs ont compris que leur avenir et celui de leur pays étaient entre les mains de ces trois candidats car chacun d’eux a posé de bonnes questions sur l’état de notre société. Les réponses  données par ces candidats diffèrent sur de nombreux points. Certaines réponses sont même calamiteuses et dangereuses pour l’avenir de notre pays. Il appartient aux politiques, aux intellectuels, à la presse sérieuse d’éclairer les électeurs sur les risques ou les avantages de telles ou telles propositions contenues dans les programmes de ces trois candidats.

François Fillon multiplie les réunions de comité dit de la société civile dans lesquels des débats sont  organisés  pour expliquer le programme de la droite. Il n’est pas le seul à se dépenser sur le terrain mais il semble bien être le seul à proposer une alternance crédible et salvatrice pour le pays. Malgré la stratégie contre M. Fillon déployée depuis fin janvier, ces réunions, comme les meetings du candidat, font le plein.

Il y a quelque chose d’extraordinaire dans ce pays, et cette chose extraordinaire est l’esprit d’indépendance des Français. C’est à eux de choisir leur futur président et ce n’est pas à des gens de l’ombre de leur dire qui est le plus propre, le plus beau, le plus en capacité pour diriger le pays.

Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays et cela réside tout entier dans la formidable réaction des Français face au matraquage des affaires.

De toute la France s’est manifestée la volonté de ne pas se voir voler l’élection présidentielle. Les Français ont écouté et tous se sont souvenus de ce principe essentiel qu’est la présomption d’innocence. Beaucoup de Français se sont souvenus des imperfections de notre système politique notamment dans le financement des élus et des partis. La naïveté n’a pas sa place dans ce débat. Nous savons tous que le système politique, tel qu’il fonctionne depuis des décennies est perfectible car il a ses failles, ses travers et ses trop vieilles habitudes prises dans le confort d’un microcosme coupé de la société dite civile. Nous savons tous que tous ceux qui font de la politique depuis de nombreuses années ne sont pas des modèles de vertu, c’est regrettable mais c’est ainsi. Il a fallu les dérives de l’affaire Urba pour que soit organisé le mode de financement des partis politiques. L’affaire Fillon qui pourrait être intitulée l’affaire de tous les parlementaires employant des proches permettra d’organiser un mode de financement transparent des élus. Il n’y a pas si longtemps, une tradition voulait qu’une partie importante de l’enveloppe financière accordée à un élu soit reversée au parti de cet élu sans que quiconque y trouve à redire. L’affaire François Fillon fait bien pâle figure dans ce paysage. Les Français se sont toutefois émus de ces pratiques. Elles devront changer. Au moins cette affaire aura suffit à cela. Les Français, et plus particulièrement les électeurs de droite, ont été incontestablement déçus de voir le rapport qu’entretenait François Fillon avec l’argent. Cette déception ne doit pas pour autant conduire à jeter la France dans les bras d’individus dont, somme toute, on ne connaît pas la vertu mais dont on perçoit le danger à travers leur programme. Désormais, François Fillon devra être exemplaire et aura un devoir accru de transparence vis-à-vis des Français. Au moins cette affaire aura suffit à cela.

Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays et cette chose est la reprise en main par les Français de leur destin. 

Celui qui gagnera cette élection sera lavé de toute flétrissure car il aura été choisi par les Français en connaissance de cause. Cette élection agit comme un cérémoniel purificateur : l’élu sera investi de toutes les prérogatives que lui donne l’élection au suffrage universel direct. Inutile de vouloir restreindre la portée d’une éventuelle élection de François Fillon. Si ce dernier est élu, alors les Français lui auront pardonné ses fautes morales et ce pardon ne sera pas gratuit : il sera donné pour que le candidat applique son programme, réforme le pays et ne reconduise pas les anciennes pratiques. Le non respect de cette contrepartie à l’élection présidentielle serait fatal au pays et à celui qui le représentera.

Cette chose extraordinaire dans le pays est bien la reprise par le peuple de son pouvoir en faisant fi des médias et des coups tordus. En marche pour l’alternance, la vraie, pas celle de M. Macron.

Régis DESMARAIS

 

Publicités

2 réflexions au sujet de « Il se passe quelque chose d’extraordinaire dans ce pays »

  1. Merci pour ce nouvel article remarquable. Oui, c’est une lutte à mort entre la capacité de nuisance des officines, de la presse et des lobbies et le principe sacré du suffrage universel.

    Je pense au regretté Philippe Muray. Que n’aurait-il écrit sur les manipulations grossières et grotesques de ces petits indics de la pensée qui se targuent d’agir au nom de « L’Empire du Bien » !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s