Croire en ses idées et en la démocratie pour retrouver la sérénité

Le second tour de l’élection présidentielle se présente mal. Beaucoup d’électeurs se réveillent en constatant que les deux finalistes ne correspondent pas à leur vision de la société et de l’avenir.

Le réveil est d’autant plus brutal que cette élection, jusqu’au 1er tour, s’est transformée en un concours de beauté morale. Tous les débats ont été axés sur les turpitudes du candidat de la droite et non sur l’analyse des programmes des candidats et des supports idéologiques à partir desquels ces programmes avaient été construits. Au final, la France se trouve avec deux finalistes d’un concours de beauté morale inattendu mais surement pas avec deux finalistes d’une élection présidentielle.

Le réveil est  dur et le front républicain est appelé en renfort et même au secours mais l’appel ne trouve pas le même écho qu’en 2002. C’est donc avec stupeur que certains constatent que le monde a changé depuis 2002. Cette stupeur semble se transformer en effroi et les tensions montent. Les militants de « En Marche ! » éprouvent de l’appréhension pour aller tracter, des manifestations anti-Macron sont annoncées, des manifestations anti Le Pen ont lieu, les commentaires sur les réseaux sociaux deviennent durs et intransigeants. Des débordements en tout genre sont à craindre. En un mot, le chaos redouté et annoncé commence à prendre forme.

Il est donc urgent que les citoyens retrouvent de l’apaisement et se réconcilient avec la raison. Il n’est pas nécessaire de faire des invocations vaudous ou de se faire des injections de résilience ou de lecture de moine bouddhiste et neurobiologiste. Il suffit de se rappeler les fondamentaux de notre système politique pour retrouver de la sérénité et ne pas oublier que notre pays, deux fois millénaires, sortira grandi de ces épreuves car ces épreuves, je le pense, auront rapproché les Français après les avoir opposé.

Retour sur les fondamentaux

La démocratie suppose d’accepter le résultat sorti des urnes :

On ne peut pas se déclarer démocrate et même opposant au fascisme si on n’accepte pas de voir ses opinions mises en minorité par le vote démocratique. C’est le principe de base : dès lors que des candidats sont admis à participer au processus démocratique, personne ne peut être légitime à contester à ces candidats le résultat de leur élection. Aujourd’hui, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les finalistes de cette élection. Ils doivent être respectés ainsi que leurs électeurs. C’est même le point d’honneur du démocrate : accepter les résultats et les personnes qui lui déplaisent avec fairplay. Nicolas Sarkozy vient de déclarer «Je regrette profondément ce résultat mais le choix des Français est souverain et doit être accepté comme tel»

La démocratie pour fonctionner suppose que des idées politiques soient énoncées et qu’elles soient partagées de façon sincère :

Il est cohérent pour un chef de parti et pour des électeurs qui ont soutenu, défendu voire rédigé un programme politique, lequel repose sur une conception et des paradigmes propres à un ou des courants idéologiques, de ne pas se reconnaître dans le programme politique d’un adversaire. Comment dire la veille que le programme de M. Macron est une horreur puis dire le lendemain que ce programme est merveilleux sans dévaloriser la parole et la pensée politique et sans donner l’impression aux citoyens que toute cela est une comédie et que tout le monde est bonnet blanc et blanc bonnet ? Comment croire au discours politique si ce qui était valorisé la veille est renié le jour suivant avec facilité ?

Trop souvent, les citoyens se sont éloignés de la politique après avoir observé à quel point les idées pouvaient du jour au lendemain être reniées et invalidées.  Cette attitude est la pelle du fossoyeur qui enterre la démocratie. Il faut désormais revenir à la sincérité et à la cohérence des discours. Sur ce point, la position de Jean-Luc Mélenchon et de ses militants est exemplaire. Je le dis avec d’autant plus de force que je ne partage pas toutes les positions de la France Insoumise.

Notre démocratie permet de s’exprimer sans renier ses idées et ses principes fondamentaux :

Le vote ne consiste pas seulement à voter pour ou contre quelqu’un. Il est possible de voter blanc ou pire de faire un vote nul ou de s’abstenir. Il est évident que si un président est élu avec un pourcentage de vote blanc ou nul élevé et/ou une abstention élevée, alors sa légitimité sera réduite et sa capacité à prendre des mesures fortes sera limitée. Le recours par exemple au fameux article 16 de la Constitution que certains redoutent et qui permet au président d’être « dictateur » pendant 30 jours, est quasi impossible avec une élection par défaut. Les électeurs peuvent donc s’exprimer sans être obligé de prendre parti pour l’un ou l’autre des candidats du second tour.

Notre démocratie dispose de solides garde-fous :

La Constitution de 1958 est claire. Son titre III dit bien où se trouvent le vrai pouvoir et le cœur fonctionnel de l’exécutif : c’est le Gouvernement. En cohabitation, les pouvoirs du président élu sont terriblement réduits et ce président a toutes les apparences d’un président de la 3ème République. Les citoyens qui ne se reconnaissent pas dans les résultats du concours de beauté morale peuvent donc rattraper cette élection en se mobilisant lors des élections législatives pour donner à la France une majorité parlementaire solide qui pourra servir de base sure au Gouvernement qui sera nommé après les élections législatives et qui remplacera le Gouvernement mis en place après l’élection présidentielle.

Dès maintenant, il faut cesser de s’opposer entre nous. Tous les citoyens défendent des valeurs et rien n’est plus pire que l’arrogance de celui qui prétend détenir et défendre les valeurs tandis que les autres seraient des sous citoyens, sans valeur, juste bons à payer leurs impôts et à se taire pendant les élections.

Si nous en sommes arrivés à la situation présente cela n’est pas dû au hasard. La France a besoin d’un renouveau fort dans son fonctionnement.  Cette exigence de changement doit se faire dans les politiques mais aussi dans les comportements individuels. Nous avons quinze jours pour lire les deux programmes qui restent en lice. Nous aurons plus d’un mois pour lire les programmes de ceux qui n’ont pas franchi le cap du second tour. Ces lectures faites, nous pourrons voter comme nous le déciderons sans être soumis à des pressions ou à des injonctions.

Cette élection présidentielle prendra fin au soir du second tour des élections législatives. D’ici la, Français, respectez vous et réfléchissez à ce que vous souhaitez comme avenir pour vous et pour la France.

Régis DESMARAIS

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Une réflexion au sujet de « Croire en ses idées et en la démocratie pour retrouver la sérénité »

  1. Au premier tour j’ai voté M.FILLON à la suite d’une longue réflexion qui avait commencé dés l’année 2014, j’ai été très satisfait de le voir remporter avec son programme murement construit la primaire, sous les commentaires quasi unanime (politique, médias, observateurs …) d’une victoire de la DROITE ASSUMÉE, un peu de la même façon que l’avait laissé entendre celle de M. SARKOZY en 2007. Je restai en 2012 un peu en retrait, m’abstenant dés le 1er tour car les 5 ans passés n’avait pas permis des avancés suffisantes mêmes si des actions significatives sur les retraites, la gestion de la crise de 2008 étaient positives, les actions sur le déficit et les reformes structurelles dans l’éducation, les collectivités locales et le millefeuille administratif, etc … elles n’étaient même pas entamées.
    Autant de points non traités que je retrouvais cette fois ci dans le programme de M. FILLON, Aussi je fus bien sur interloqué par la mise en lumière de ses maladresses (remontant à plus de trente ans , il s’en est excusé d’ailleurs) dans la précampagne aux présidentielles, mais je persistais dans mon choix et on connait la suite …
    Alors pour rebondir sur votre article M. DESMARAIS, OUI il faut rester un démocrate , croire dans ses idées et dans nos institutions, mais j’aimerais que la DROITE une bonne foi pour toute S’ASSUME jusqu’au bout et pourquoi pas en la jouant façon MITTERAND dans ses plus belles heures du FROND COMMUN de la GAUCHE ( en s’alliant avec les communistes, avant de les réduire sans qu’ils gouvernent…), en se préparant à gouverner avec Mme LE PEN (avec des réponses à la demande sociale et sociétale de ses électeurs) MAIS en appliquant le programme de la DROITE amendé des nouvelles propositions de son chef de file M. BAROUIN car le FN ne pourra pas disposer d’une majorité à l’assemblée.
    Un peu comme argumenté par Jean-Sébastien FERJOU (ce jour sur CNEWS lors du débat avec Laurence FERRARI) pour faire reculer le Front National et permettre à LA DROITE de S’ASSUMER, de changer définitivement SON DESTIN et CELUI DE LA FRANCE.
    On voit bien encore une fois le piège se refermer sur la DROITE au nom du ‘’front REPUBLICAIN’’ alors que le LR n’est plus au second tour et UNIQUEMENT maintenant concerné par celui des Législatives.
    Alors M SARKOZY, FILLON, JUPPE, LE MAIRE, BERTRAND, LE MAIRE, ESTROSI et autres faites comme M. MELENCHON et respectez la conscience de vos électeurs et leur capacité à voter juste. La prochaine ‘’bataille’’ celle des législatives reste à gagner et il nous faudra un BONAPARTISTE pour asseoir le destin de la Droite et l’avenir de la France pour nos enfants.

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